Le MTQ avance dans le réaménagement de l’intersection du boulevard Lorrain et du chemin Chambord.

Lorrain-Chambord: le projet de sécurisation avance à petits pas

Un pas de plus a été franchi par le ministère des Transports du Québec (MTQ) en vue du réaménagement de l’intersection du boulevard Lorrain et du chemin Chambord, à Gatineau, où des améliorations à la sécurité sont réclamées depuis maintes années.

Une jeune cycliste de 13 ans y a été happée à mort par une voiture en 2016, tandis qu’une motocycliste de 51 ans a péri dans un accident survenu un an plus tard à quelques dizaines de mètres de là.

Un contrat de gré à gré d’une valeur de 250 000 $ a été octroyé à la fin du mois de mai à la firme FNX-Innov inc. pour la suite de la préparation des plans et devis de ce projet géré en collaboration avec la Ville de Gatineau.

La porte-parole régionale du MTQ, Rosalie Faubert, soutient que ce nouveau contrat était nécessaire étant donné que le projet a pris beaucoup d’ampleur ainsi que pour éviter de recommencer le processus à zéro.

La patience sera cependant encore de mise, car les travaux, qui avaient été annoncés par l’ancien gouvernement au printemps 2018, auront lieu au plus tôt en 2021. Le MTQ indique qu’il n’est pas en mesure de préciser un échéancier étant donné que les plans et devis ne seront pas terminés avant la fin 2020 et que l’appel d’offres sera lancé par la suite.

Le réaménagement de l’intersection consistera entre autres à y ajouter des feux de circulation, des voies de virage dans les deux directions sur le boulevard Lorrain, de l’éclairage et des îlots pour les piétons, sans compter l’alignement des chemins Chambord et Blanchette. Pour ce faire, on procédera à une légère déviation du chemin Chambord vers le nord. Un système de drainage fermé sera aussi ajouté.

« Depuis son annonce, le projet de réaménagement de l’intersection a pris beaucoup d’ampleur, passant de 100 mètres à 750 mètres de superficie en fonction des besoins pour le secteur. Conséquemment, les étapes de réalisation se sont complexifiées et demandent un plus grand délai notamment dans les processus d’acquisition, de gestion d’eaux pluviales et de déplacements de services publics », affirme Mme Faubert pour expliquer les retards.

Réactions

Le président de l’Association des résidents de Bellevue-Nord, Marc Champagne, ne cache pas qu’il aurait souhaité que les travaux soient réalisés plus tôt étant donné la dangerosité de l’intersection. Malgré tout, il se dit heureux de voir que le projet a atteint une autre étape.

« Avec la station-service et le dépanneur qui ont été construits à l’intersection, c’est devenu un secteur très achalandé. Quand tu dois faire un virage, tu dois être sur tes gardes. Des véhicules entrent et sortent de partout. C’est toujours plus long qu’on aimerait, il y a eu plusieurs reports, mais on est heureux que ça se fasse », dit-il.

Sarah Graham, la mère d’Élizabeth Graham-Welton, décédée il y a trois ans à cette même intersection, affirme de son côté « avoir hâte que l’endroit soit enfin plus sécuritaire ».

Le conseiller municipal Pierre Lanthier se réjouit que le projet soit sur les rails, même s’il ne cache pas avoir toujours exprimé ouvertement sa déception sur le fait que ça ne deviendra pas réalité avant 2021. Il a d’ailleurs fait savoir au député Robert Bussière ainsi qu’au ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, lors d’une rencontre au bureau de ce dernier en juin.

« C’est un dossier dont j’avais beaucoup entendu parler dans mon porte-à-porte en campagne électorale. Les gens m’ont manifesté leur désir que ce soit sécurisé. Pas plus tard que cette semaine, j’étais là pour rencontrer un citoyen et les gens ont le pied très pesant, c’est incroyable la vitesse [malgré l’abaissement de la limite à 60 km/h). Je demande souvent qu’il y ait des opérations radar et j’ai envoyé une lettre pour l’installation temporaire de mesures d’atténuation de la vitesse », conclut-il.