La Vérificatrice générale a déposé un rapport accablant sur le Bureau de l'Ombudsman de la Ville de Gatineau.

L’Ombudsman dénonce la Vérificatrice

L’Ombudsman de Gatineau, André Guay, n’avait pas l’intention de tendre l’autre joue après que la crédibilité de son organisation ait été vivement remise en question dans le rapport de la Vérificatrice générale, Johanne Beausoleil. Il a plutôt décidé de répliquer coup pour coup.

«Je me demande comment une vérificatrice générale qui a une expertise en comptabilité peut porter un jugement de valeur sur le travail d’un Ombudsman, a-t-il lancé. C’est la première fois qu’on voit ça au Québec et ça n’aurait jamais dû arriver. C’est trop fort. Ça va beaucoup trop loin. Je ne vois pas comment elle peut arriver avec une telle conclusion. Ce n’est même pas fondé. On a cherché des poux pour tenter de nous discréditer. Je ne comprends pas le but de la Vérificatrice générale de nous attaquer comme ça.»

M. Guay indique que le Bureau de l’ombudsman de Gatineau est ouvert à «revoir certaines choses», mais est très loin d’être convaincu qu’une réforme en profondeur des procédures au sein de son organisation soit nécessaire. 

Sur la base d’un avis juridique, le BOG estime qu’en vertu de son indépendance institutionnelle, le mandat de conformité donné à la Vérificatrice générale est nul et sans effet. 

«Mon niveau de confiance envers le bureau de la Vérificatrice générale n’est plus très élevé. Son rapport est plein d’erreurs majeures. Elle escamote complètement le fait qu’on est une organisation totalement indépendante.» 

André Guay est impliqué au sein du BOG depuis sa création en 2006. Il réfute vivement les conclusions de Mme Beausoleil qui affirme que l’interprétation que fait l’Ombudsman de son mandat a changé avec les années. 

«Ce qui a changé, c’est le maire et la haute direction de la Ville, lance-t-il. C’est avec eux que les choses ont commencé à changer.»

« On avait raison d’être préoccupés » - Daniel Champagne

La sévérité du rapport de la Vérificatrice générale démontre que « tout est à rebâtir » pour le Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG), estime le président du conseil municipal, Daniel Champagne. « La Vérificatrice vient confirmer qu’on avait raison de manifester des préoccupations », a-t-il ajouté. 

M. Champagne a rappelé que le conseil nourrissait plusieurs appréhensions à l’aube de la publication du rapport 2016 du BOG en juillet dernier. « La Vérificatrice générale fait maintenant état d’un manque de disponibilité, d’objectivité et de crédibilité de la part du BOG, a-t-il rappelé. Des décisions importantes devront être prises. Ce n’est pas une question de relations personnelles, mais plutôt de clarification du rôle du BOG. On ne peut pas se retrouver avec des rapports annuels qui présentent des faits non corroborés. On ne peut pas se retrouver avec un manque d’objectivité dans les rapports du BOG. »

Le président du conseil a ajouté que la fin du mandat du président du BOG, André Guay, était une « belle opportunité » pour revoir le type de structure que Gatineau souhaite pour son Ombudsman. 

La conseillère Louise Boudrias qui s’est opposée depuis le départ au mandat donné à la Vérificatrice générale a pour sa part continué de défendre l’intégrité du BOG. Selon elle, la démarche n’a fait que « briser la crédibilité » d’un service important pour les citoyens.

« On a réussi à enlever énormément de crédibilité au BOG en publiant un rapport comme celui-là, a-t-elle lancé. Selon moi, ce n’était pas nécessaire. Je n’accepte pas l’ensemble du rapport de la Vérificatrice. Je ne suis pas en train de défendre le BOG, je défends un service qu’on donne aux citoyens, un service dont nous venons de briser la crédibilité. » 

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin doit commenter ce dossier mercredi, en début de journée.