L’Ombudsman de Gatineau, André Guay, n’avait pas l’intention de tendre l’autre joue après que la crédibilité de son organisation ait été vivement remise en question dans le rapport de la Vérificatrice générale, Johanne Beausoleil. Il a plutôt décidé de répliquer coup pour coup.

L'Ombudsman de Gatineau écorché par la Vérificatrice

L’intégrité du Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG) a été sérieusement écorchée, mardi, avec la publication du rapport de la Vérificatrice générale (VG), Johanne Beausoleil. Les conclusions de l’examen de conformité demandé par le conseil municipal en juillet dernier tendent à réduire presque à néant la crédibilité du BOG dans sa structure actuelle.

Procéder à un audit de conformité est une pratique courante pour un vérificateur général au Québec. Réaliser le même exercice, mais cette fois auprès d’un Ombudsman était un précédent dans la province. Dès le début de ses travaux, Mme Beausoleil affirme avoir dû faire face à un manque flagrant de collaboration de la part de l’Ombudsman. Cette réticence a d’ailleurs retardé l’audit de plusieurs semaines et a amené la VG à se questionner sérieusement sur « la compétence du BOG de démontrer une attitude courtoise favorisant la résolution de problème et à bien desservir les citoyens ».

Le rapport de la VG mentionne plusieurs éléments non conformes dans les procédures du BOG. La conformité dans certaines catégories de critères analysés atteignait tout juste 50 %. « Les problèmes soulevés dans le rapport indiquent qu’actuellement, le BOG ne remplit pas adéquatement son rôle auprès du citoyen notamment au chapitre de la disponibilité, de l’objectivité et de la crédibilité, affirme Mme Beausoleil. Le BOG doit revoir en profondeur ses règles de fonctionnement. L’objectivité pour un Ombudsman est extrêmement importante. Dans le rapport 2016, certains faits étaient non corroborés, alors que d’autres informations avaient été omises. C’est un manque évident d’impartialité. Il est important pour une telle institution de baser ses constats sur des faits et à ce chapitre c’est déficient au BOG. Tout ça vient nuire à sa crédibilité. »

L’audit réalisé par la VG incluait une revue des activités menées par le BOG, une évaluation de ses pratiques de gestion, de ses processus, des politiques et des procédures qui encadrent son rôle, son fonctionnement, ses relations avec le conseil municipal, la direction générale et l’administration municipale dans son ensemble. 

Johanne Beausoleil confirme que le conseil municipal avait bel et bien des raisons d’être préoccupé à la veille de la publication du rapport 2016, le printemps dernier. La VG indique dans son rapport avoir observé « un changement de ton » dans les rapports du BOG après 2013 qui dépeignait de plus en plus une image défavorable de l’administration municipale. « Le BOG a contribué à créer de la confusion en décrivant son mandat différemment dans les divers documents publiés au cours du temps, écrit la VG. Cette même confusion se retrouve aussi au niveau de la description des services offerts par le BOG. » L’absence d’un protocole clair définissant les procédures de communication entre le BOG, le conseil et la direction générale contribue, selon la VG, à créer un climat tendu.

Peu de formation a été offerte aux commissaires pour les préparer à occuper leur fonction au BOG, révèle aussi le rapport de la VG. L’Ombudsman a prétexté un manque de budget de formation, mais Mme Beausoleil rapporte que les budgets dédiés à la formation n’ont pas tous été dépensés en 2016 et en 2017.

La Vérificatrice générale fait onze recommandations au BOG qui vont de la mise en place d’un code d’éthique pour les commissaires à la révision en profondeur des façons de faire de l’institution. 

Mme Beausoleil précise toutefois percevoir une « réticence » de la part du BOG à travailler dans un climat de collaboration afin d’améliorer ses pratiques de gestion dans le but de bien servir les citoyens. « Cela nous amène une fois de plus à nous questionner sur la viabilité de cette fonction dans sa forme actuelle. »