Ce n'est visiblement pas dans le dossier des tours Brigil et de la désignation patrimoniale du Quartier du Musée que les adversaires du maire sortant vont se distinguer les uns des autres.

L'ombre des tours Brigil

Pendant que les candidats à la mairie Denis Tassé, Sylvie Goneau et Clément Bélanger, accompagnés de quelques-uns des plus importants promoteurs immobiliers de la région, assistaient, vendredi matin, dans le centre-ville, au dévoilement d'une étude d'impacts sur la désignation patrimoniale du Quartier du Musée, le chef d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, dévoilait, à Aylmer, son plan d'investissement dans les bibliothèques municipales.
Le contraste électoral pouvait difficilement être plus fort. 
Ce n'est visiblement pas dans le dossier des tours Brigil et de la désignation patrimoniale du Quartier du Musée que les adversaires du maire sortant vont se distinguer les uns des autres. Ils ont tous appuyé sans réserve les conclusions de l'étude d'Aviseo conseil qui avance qu'une désignation patrimoniale dans ce quartier aurait un effet « néfaste » pour l'économie de Gatineau. Les trois candidats indépendants à la mairie se rangent aussi du côté du promoteur Gilles Desjardins en se disant favorables à la construction des tours de 35 et 55 étages dans le Quartier du Musée.
Sylvie Goneau et Denis Tassé étaient présents lors du dévoilement d'une étude sur la désignation patrimoniale du Quartier du Musée.
À l'autre bout de la ville, le maire sortant a persisté et signé. Des projets comme les tours Brigil, « il faut faire ça ailleurs », a affirmé M. Pedneaud-Jobin. 
Ce dernier n'adhère pas à la proposition de la firme Aviseo conseil de procéder au cas par cas pour protéger uniquement les bâtiments ayant une réelle valeur patrimoniale. 
« À Gatineau, en Outaouais, on a détruit une grande partie de notre patrimoine, il est temps que ça arrête, a martelé le maire sortant. Il faut qu'on le protège, et le développement économique ne se fait pas juste à cet endroit-là dans le Quartier du Musée. On n'a jamais autant construit au centre-ville que maintenant. Il n'y a jamais eu autant de grands projets. » 
Pour Denis Tassé, il est devenu très clair cet été que le développement du centre-ville doit passer par l'axe de la rue Laurier et le projet des tours Brigil. « Il faut accueillir les projets au lieu de les ignorer, a-t-il indiqué. Il faut travailler avec les promoteurs. Il faut être à l'écoute des entrepreneurs, ce sont eux qui font en sorte qu'une ville se développe. »
Mme Goneau est d'avis qu'un projet comme Place des peuples permettrait d'attirer de la richesse dans le centre-ville. 
« On a des gens à faible et moyen revenu, mais des personnes qui achètent des condos de haute valeur, il n'y en a pas, dit-elle. Ces gens vont à Ottawa. Moi je veux qu'ils viennent à Gatineau, qu'ils dépensent leur argent ici et qu'ils aident à créer des emplois dans notre centre-ville plutôt qu'à Ottawa. »
Clément Bélanger croit pour sa part que le centre-ville de Gatineau doit devenir un endroit prisé autant pour les citoyens que pour les touristes. 
« L'Étude de ce matin est solide et on voit qu'une désignation patrimoniale nous priverait de millions de dollars. On veut faire briller Gatineau et c'est ici que ça doit commencer. »
Sur l'élément des revenus de taxes provenant des tours Brigil, le maire sortant rétorque que « le projet des deux tours c'est deux fois moins de taxes que le projet Zibi ». 
Il a répété que les tours pourraient être construites ailleurs. « Pas besoin de menacer de détruire un des rares quartiers patrimoniaux qu'il nous reste pour faire ça », a-t-il ajouté.
«Il suffit de changer les règles» - Denis Tassé
Si un promoteur a un projet «exceptionnel» qui se bute à une réglementation trop stricte, il suffit de changer les règles, affirme le candidat indépendant à la mairie, Denis Tassé.
Denis Tassé
«Un schéma d'aménagement ce n'est pas immuable ça se change», dit-il. Questionné à savoir comment il agirait en tant que maire si un promoteur propose un projet d'envergure, mais qui ne respecte pas la réglementation municipale en vigueur, M. Tassé a répondu sans détour. 
«Et bien, on change les règles, c'est aussi simple que ça, a-t-il lancé. On est capable de changer des règles. Quand on a des projets exceptionnels, il faut prendre des mesures exceptionnelles.»
«Le maire veut juste nuire à mon projet» - Gilles Desjardins
Le promoteur immobilier Gilles Desjardins accuse le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, de prendre en otage la population du Quartier du Musée uniquement dans le but de nuire à son projet de tours de 35 et 55 étages.
«Le maire veut cette désignation patrimoniale juste pour nuire à mon projet, avance M. Desjardins. Pour bloquer mon projet, le maire est prêt à pénaliser les gens du quartier, à faire baisser la valeur de leur propriété. Il prend ces gens en otage. C'est malhonnête de sa part.»
Gilles Desjardins
Le président fondateur de Brigil ajoute que le maire Pedneaud-Jobin multiplie les efforts depuis qu'il est en poste pour nuire à sa compagnie. 
«Si le maire ne m'aime pas, qu'il me le dise, mais qu'il arrête de bloquer mes projets et de me donner de la misère partout. C'est plate, j'aime ma ville, je veux la développer, mais le maire me bloque. Je ne veux pas faire de politique, je veux faire des affaires et réaliser mes projets pour la région.»