Le conseiller gatinois et président du conseil municipal, Daniel Champagne

Loin de la réalité des Gatinois, selon le conseiller Champagne

Le conseil municipal a perdu contact avec la réalité des Gatinois s'il accepte que seulement 50 % des travaux d'entretien des infrastructures inscrits au calendrier soient réalisés annuellement, croit le conseiller et président du conseil municipal, Daniel Champagne.
« Je trouve extrêmement inquiétant qu'une proportion élevée des travaux d'infrastructures ne soit pas réalisée comme prévu, lance le conseiller. On doit travailler dans une bulle si on n'est pas en mesure de prendre conscience que le besoin des gens avant tout c'est qu'on réponde à l'enjeu de l'entretien de nos infrastructures. Le message qu'on envoie, c'est qu'on n'est pas attentifs à leurs besoins réels. J'ai parfois l'impression qu'on vit, au conseil, dans un contexte qui ne reflète pas la réalité du citoyen. Les priorités des Gatinois sont simples, c'est nous qui complexifions les choses. »
M. Champagne est d'avis que les élus et le maire Maxime Pedneaud-Jobin doivent réagir plus rapidement quand survient un enjeu qui empêche la Ville de livrer toute la marchandise promise et pour laquelle elle taxe les citoyens en matière d'infrastructures. 
« Les gens veulent qu'on s'occupe de leur rue, de leurs besoins de base, ajoute M. Champagne.
«Si on perd ça de vue, à mon avis, on ne répond pas aux aspirations des citoyens. Nous pouvons passer une demie-journée à parle du compost, mais que veulent vraiment les citoyens ? On a tendance à proposer plein de projets, à amener toutes sortes de choses au conseil. Le temps qu'on consacre aux dossiers devrait être relatif à l'importance qu'y accordent les citoyens. Comme élus, on doit passer plus de temps sur nos infrastructures.»
Campagne électorale
La prochaine campagne électorale fera beaucoup de place aux grands projets comme la bibliothèque centrale, prévoit M. Champagne. Il se dit en faveur de ce débat, mais il soutient qu'avant tout, les citoyens souhaitent une réponse à l'enjeu de l'entretien des infrastructures. 
«Je n'ai pas de problème à ce qu'on s'identifie comme gouvernement municipal, mais j'ai un problème lorsqu'on perd de vue notre première responsabilité qui est de rendre les services de base aux citoyens, affirme M. Champagne. Je suis de ceux qui pensent que le maire actuel comme le prochain devra être plus attentif à ça. On doit d'abord s'occuper de notre fondation avant de vouloir rénover la cuisine.»
Chaises vides et perte de temps pointés du doigt
Le conseiller Denis Tassé
Trop de «chaises vides» au service des infrastructures et une tendance du conseil municipal à perdre du temps sur des enjeux éloignés des priorités des citoyens sont, selon le conseiller et président du comité des immobilisations, Denis Tassé, les principaux facteurs expliquant l'incapacité de la Ville de Gatineau à livrer la marchandise en matière d'entretien de ses infrastructures.
«Nous avons actuellement un sérieux problème de ressources humaines aux infrastructures, lance le conseiller. Il y a une vingtaine de chaises qui ne sont pas occupées actuellement. Ça nous éloigne de notre objectif. Le maire doit prendre ses responsabilités. (...) Une solution doit être trouvée. Pour l'instant, c'est inacceptable.»
Denis Tassé soutient aussi que le conseil municipal alourdit la tâche de l'administration en donnant des mandats qui ne correspondent pas avec les priorités des citoyens. 
«On se crér nous-mêmes des besoins, dit-il. Certains voulaient faire travailler l'administration sur une politique d'équité homme/femme, alors qu'il n'y a pas de problématique de ce genre à Gatineau. Des grands projets comme la bibliothèque centrale, le monde n'en veut pas. Faisons simplement de Guy-Sanche notre bibliothèque principale. Travaillons en fonction de nos priorités plutôt qu'à partir d'idéologies grandioses. Si je me présente à la mairie, c'est certain que je vais faire campagne là-dessus.»
«Ce n'est pas une saine gestion»
La conseillère et candidate à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau
La seule adversaire confirmée du maire sortant aux prochaines élections, la conseillère Sylvie Goneau, constate le retard qu'accuse la Ville de Gatineau dans la réalisation des projets d'entretien de ses infrastructures depuis deux ans, mais pour l'instant, elle est encore à l'étape du questionnement. 
Prise par ses responsabilités à la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Mme Goneau n'était pas présente lors de la présentation en caucus de secteur d'un premier bilan provisoire des travaux d'infrastructures pour 2017. Elle dit tout de même observer que les choses ne tournent pas rond au service des infrastructures. 
Mme Goneau se refuse à continuer d'échelonner des projets d'entretien de base sur plusieurs années. 
«Ce n'est pas une saine gestion financière, dit-elle. Il faut se pencher sur d'autres façons de travailler pour que les services livrent la marchandise.» 
La conseillère se demande, entre autres, si le conseil a été réaliste dans ses orientations en début de mandat. 
«Est-ce que notre cahier de charge était trop imposant? demande-t-elle. Est-ce que la charge de travail est bien distribuée? Est-ce qu'on rend suffisamment la Ville attrayante pour combler les postes vacants? Sommes-nous ouverts à bien utiliser les services du privé, notamment pour la préparation de plans et devis? Il faut s'occuper de ce problème-là.»