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Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy
Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy

Logement: un rapport qui a un «poids politique», selon François Roy

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
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Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, salue les conclusions du rapport de la mission d’observation sur la situation du logement à Gatineau présenté par la Ligue des droits et libertés qui vient démontrer, selon lui, ce que son organisme dénonce depuis plusieurs années.

M. Roy a réagi à la publication du rapport d’une quarantaine de pages publié mercredi et dans lequel on cible les causes principales de la crise du logement qui sévit à Gatineau.

«Le manque chronique de logements abordables et de logements sociaux, depuis des années, fait en sorte qu’il y a un déni fondamental du droit au logement pour une quantité importante de citoyens et citoyennes de la ville de Gatineau, que ce soit des personnes seules, en situation d’itinérance, ou des familles nombreuses, notamment, ou des nouveaux arrivants. On espère que ce rapport va recevoir une oreille attentive des trois paliers de gouvernement. C’est la première fois que la Ligue des droits et libertés fait un rapport pour le non respect des droits humain, en lien avec le logement, dans une municipalité», a commenté François Roy, coordonnateur Logemen’occupe.

Le fait que le document sera soumis au Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’Organisation des Nations Unies de l’ONU devrait donner un «poids politique» au rapport, espère M. Roy.

«Ce rapport va être déposé à Genève. Ce n’est pas banal. Si à court terme, ça ne donne pas de résultats, on peut avoir espoir que l’ONU va blâmer très sévèrement le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec qui ont signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Les gouvernements vont devoir prendre acte de la critique de l’ONU et réinvestir de façon plus importante dans le logement», a mentionné M. Roy.


« C’est la première fois que la Ligue des droits et libertés fait un rapport pour le non respect des droits humain, en lien avec le logement, dans une municipalité. »
François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe

L’OHO se défend 

Par ailleurs, l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO) a réagi par voie de communiqué au rapport, mercredi après-midi. 

Si l’OHO a salué le travail de recherche de la LDL et a reconnu la situation «particulièrement difficile» qui perdure depuis des années à Gatineau en ce qui concerne la recherche de logements, l’organisme a tenu à rectifier le tir au chapitre du nombre d’évictions pour non-paiement de loyer.

Dans son portrait de la situation, la LDL critique l’OHO dont le nombre d’évictions pour non-paiement de loyer est le plus élevé au Québec, parmi l’ensemble des offices d’habitation. 

«L’OH de l’Outaouais tient à préciser que les statistiques mentionnées dans le rapport indiquent le nombre de dossiers ouverts pour le non-paiement de loyer auprès du Tribunal administratif du logement (TAL), mais que ces données ne sont pas liées au nombre réel d’évictions», a écrit l’organisme, dans son communiqué.

Le nombre de demandes pour le non-paiement de loyer formulées dans les dernières années a graduellement chuté, passant de 224 (2017) à 65 (2020), fait valoir l’OHO.

«La diminution de causes inscrites au TAL pour le non-paiement de loyer est le résultat d’un programme de suivis de perception que nous avons mis en place en 2018. Nos services de perception et services communautaires ont uni leurs efforts afin d’accompagner les ménages ayant des difficultés à mieux gérer leurs finances dans le but de freiner l’accumulation de dettes. Cette stratégie a permis de limiter le nombre de situations irrécupérables », a précisé Alexandre Héroux-Thériault, directeur général par intérim de l’OHO.