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Les organismes en logement de Gatineau peinent de plus en plus à trouver des endroits pour accueillir leurs projets.
Les organismes en logement de Gatineau peinent de plus en plus à trouver des endroits pour accueillir leurs projets.

Logement à Gatineau: les organismes demandent un meilleur accès à des terrains

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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La vente récente d’un terrain municipal à un promoteur privé, sur la rue Bédard, dans le secteur Hull, vient démontrer la nécessité de raffermir les liens de communication entre la Ville de Gatineau et les organismes en logement qui peinent de plus en plus à trouver des endroits pour accueillir leurs projets, estime le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy.

«J’ai fait le tour des organismes et personne n’était au courant que la Ville avait mis le 108, rue Bédard, sur le marché, dit-il. C’est comme si les partenaires dans le domaine du logement n’existaient pas. On n’a même pas été consulté. On parle d’une propriété publique. Avant de vendre ce terrain à des intérêts privés, la Ville aurait pu au moins vérifier si l’endroit pouvait convenir à un organisme en logement. C’est déplorable.»

Le directeur général du Réseau québécois des organismes sans but lucratif en habitation de l’Outaouais (ROHSCO), Louis Sabourin, est aussi d’avis qu’il serait bénéfique que la Ville développe le réflexe d’aviser les organismes lorsqu’elle souhaite mettre un terrain sur le marché, mais son ton est beaucoup plus conciliant que celui du coordonnateur de Logemen’occupe. 

«C’est aussi la responsabilité de tout un chacun de garder un oeil sur le marché immobilier, dit-il. Dans le cas du 108, rue Bédard, il y a eu des appels d’offres. C’est vrai que ç’aurait été plus simple si la Ville avait pris soin de contacter les organismes en logement, mais je ne crois pas que ce dossier est un bon exemple de la qualité des canaux de communication que nous avons avec la Ville. Ils sont honnêtement très bons. Des communications avec la Ville, nous en avons à la tonne. Il y a actuellement plusieurs projets de logements abordables en développement, ils sont tous difficiles à réaliser, mais ce n’est certainement pas à cause de la Ville de Gatineau.»

La présidente de la commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement (CDTHE) de la Ville de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, est aussi d’avis que les canaux de communications entre la Ville et les organismes fonctionnent bien.

La présidente de la commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement (CDTHE) de la Ville de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette

«Le contexte de pénurie a renforcé nos liens avec les organismes et nous sommes désormais très proches des groupes en logement, dit-elle. Quand un organisme a un projet, mais pas de terrain, nous l’accompagnons pour en trouver un. C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de terrains disponibles, mais c’est un enjeu relativement nouveau. Le coût des terrains et le fait qu’ils doivent souvent être décontaminés, surtout dans le centre-ville, sont venus compliquer les choses.»

François Roy rappelle que la politique d’habitation de Gatineau prévoyait la mise en place par la Ville d’une banque de terrains dédiés à accueillir des projets de logements abordables. «Cette banque n’existe toujours pas», avance-t-il. 

Mme Marquis-Bissonnette contredit M. Roy à ce sujet. «Il y a un registre, note-t-elle. Il ne contient pas beaucoup de terrains, c’est vrai, mais il y en a un. Il faut dire que ce ne sont pas tous les terrains qui sont adaptés pour recevoir des projets financés par le programme Accès-logis. Le terrain du 108, rue Bédard, n’avait pas les caractéristiques permettant de rendre un projet viable.»

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