Les citoyens ont été appelés à se prononcer sur les différents tracés envisageables et la technologie à retenir, en octobre dernier.

Lien rapide vers l'Ouest: la STO critiquée

La Société de transport de l'Outaouais (STO) voudrait décrédibiliser et rendre illégitime sa consultation publique sur le futur lien rapide vers l'Ouest qu'« elle ne ferait pas mieux », soutient Mario Gauthier, professeur en études urbaines au Département des sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). 
Ce qui rend un processus de consultation publique légitime et crédible, selon M. Gauthier, c'est la capacité pour les citoyens de savoir à quel moment les opinions émises sont intégrées dans le processus décisionnel. Pour l'instant, la STO n'a toujours pas publié le rapport des consultations menées en octobre dernier, alors que les citoyens avaient été appelés à se prononcer sur les différents tracés envisageables et la technologie à retenir. 
Le rapport réunissant les opinions des participants à la consultation devait être publié en début d'année. La semaine dernière, le président de la STO, Gilles Carpentier, a laissé savoir que les éléments relatifs à la consultation publique seront intégrés dans le grand rapport final de faisabilité du lien rapide vers l'Ouest qui doit être présenté d'ici le début des vacances d'été. 
« Ce qui m'inquiète, c'est la confusion que ça provoque, précise M. Gauthier. Je crains qu'on cherche à mélanger des choses, à noyer le poisson, et qu'on ne fasse que justifier la décision finale à partir d'éléments de consultation publique. »
Approche technocratique
M. Gauthier avait été invité par la STO, l'automne dernier, à intervenir dans la préparation du processus de consultation, ainsi que lors du forum organisé par le transporteur public. Il estime que la STO apparaissait alors plus ouverte qu'à l'habitude dans l'organisation de sa consultation publique. 
L'organisation semble être revenue à ses vieilles habitudes depuis, laisse entendre M. Gauthier. « Il y a définitivement un écart entre la planification de type technocratique de la STO et la discussion publique et politique qui a lieu en ce moment, dit-il. C'est assez grave. »
Tramway
Il est d'ailleurs apparu évident dès le départ que la STO était moins entichée que les politiciens face à un projet de tramway dans l'Ouest. Le transporteur public n'avait pas tardé à tempérer les attentes envers la mise en place d'une telle technologie, malgré les appuis manifestes du député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, et du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 
La STO avait précisé qu'un transport rapide par tramway pourrait s'avérer beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît et que cela la forcerait à se doter d'un nouveau garage spécifiquement destiné aux tramways. « L'emplacement de ce garage doit aussi être en bout de ligne, avait noté Renée Lafrenière, directrice des communications de la STO. Ça prend beaucoup de place et nous sommes déjà dans une trame urbaine qui n'offre pas beaucoup de latitude. » 
Il y a aussi la Ville d'Ottawa qui s'est récemment invité dans le dossier du lien rapide vers l'Ouest en démontrant une ouverture claire à la négociation pour le développement d'un lien entre les deux rives. Le pont Prince-de-Galles apparaît comme l'option la plus crédible en ce moment.
La STO présente son plan pour les dix prochaines années
La Société de transport de l'Outaouais (STO) dévoilera, mardi, le plan de développent du transport en commun qu'elle entend réaliser au cours des dix prochaines années. La construction d'un lien rapide vers l'Ouest figurera évidemment en haut de la liste des projets importants pour la prochaine décennie. Les Gatinois ne doivent cependant pas s'attendre à trop de détails à ce sujet, note la porte-parole de la STO, Céline Gauthier. « Ce sont surtout les grandes orientations, les projets et les objectifs qu'on présente, note-t-elle. Toutes les sociétés de transport doivent faire approuver un tel plan aux dix ans par leur municipalité. C'est ce à quoi est invité le conseil municipal lors de sa séance en soirée. La STO devra par la suite soumettre son plan au ministère des Transports du Québec pour approbation.