Le Droit a été en mesure de jeter un coup d’œil sur une toute petite partie de l’inventaire patrimonial de la Ville et vous offre en exclusivité les premiers exemples qui nous a été permis de voir.

Les trésors patrimoniaux de Gatineau

Gatineau a longtemps eu la réputation d’une ville pour qui son patrimoine était beaucoup plus encombrant qu’autre chose. Des villes ont compris bien avant elle que la préservation et la mise en valeur de leur histoire pouvaient souder des communautés et même les faire rayonner au-delà de leurs frontières. Mais Gatineau change et a entrepris de combler le retard qu’elle a accumulé en la matière.

Elle se surprend même à découvrir de véritables trésors dont elle ignorait la présence sur son territoire, il n’y a encore que quelques mois. La Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine a entrepris, en mai dernier, d’inventorier, documenter et évaluer son patrimoine mobilier. Gatineau devient ainsi la première ville au Québec à se soumettre à un tel travail de moine. 

Au cours des six derniers mois, 25 lieux ont été visités par les agents du patrimoine de la Ville et la firme spécialisée qui a été embauchée pour les appuyer dans la démarche. Plus de 4400 biens ont été inscrits et colligés dans 1439 fiches détaillées qui indiquent leur degré de rareté, d’authenticité, de condition et leur valeur patrimoniale, culturelle et historique. L’inventaire contient aussi 213 000 éléments du patrimoine documentaire, à savoir des photos, des plans, des registres, etc. 

Pour l’instant, la Ville de Gatineau garde jalousement les secrets sur les trésors patrimoniaux contenus dans son inventaire. Le travail n’est pas entièrement terminé. 

« La cueillette de données est terminée, l’analyse est terminée, et la rédaction du rapport final est en cours », précise Sonia Bisson, agente du patrimoine à la Ville de Gatineau. L’inventaire, le rapport d’analyse, ainsi que les recommandations qu’il contient, doivent être présentés au conseil municipal au printemps 2018. « L’objectif est de rédiger un document destiné au grand public qui vulgarisera notre démarche et donnera les grandes lignes des résultats qu’on aura découverts », ajoute Mme Bisson.

Le Droit a toutefois été en mesure de jeter un coup d’œil sur une toute petite partie de l’inventaire patrimonial de la Ville et vous offre en exclusivité les premiers exemples qui nous a été permis de voir. Aujourd’hui, et pour les trois prochains jours, nous vous les ferons découvrir dans nos pages. 

« Quand l’enquête sera rendue publique, il y a des lieux qui vont apparaître beaucoup plus riches que les gens pouvaient le penser. Ça nous a surpris et ça va surprendre les gens. Il y a des lieux où nous sommes passés et où nous avons trouvé de vrais trésors, s’enthousiasme Mme Bisson. À la Société d’histoire de Buckingham, par exemple, on a fait ressortir des objets dont la valeur identitaire est très forte. C’est très surprenant ce qu’on a. Il y a une paroisse où nous sommes allés avec René Villeneuve [conservateur associé à l’art canadien au Musée des beaux-arts du Canada] et on a identifié un objet très particulier. M. Villeneuve nous a dit qu’il était très rare et qu’il fallait y faire bien attention et s’assurer de bien le conserver. »

Mme Bisson voit dans cet exercice d’inventaire une façon de donner un élan à la diffusion et la mise en valeur du patrimoine des Gatinois. 

« J’espère que ça va donner un souffle à la population pour qu’elle s’intéresse à son patrimoine. »

UNE PREMIÈRE ÉTAPE

Les responsables de l’inventaire réalisé par la Ville de Gatineau ont été surpris de la diversité des richesses patrimoniales répertoriées. 

Certaines organisations visitées n’avaient parfois pas idée de la valeur réelle de ce qu’ils conservaient précieusement depuis parfois plus d’un siècle. 

« C’était important pour nous de connaître ce qu’il y a de patrimonial sur le territoire, même ce qui n’appartient pas à la Ville, explique Sonia Bisson, agente du patrimoine à la Ville de Gatineau. Ça nous permet aussi d’aider des institutions à comprendre et connaître le patrimoine qu’ils possèdent. Les musées, ça va, mais il y a, par exemple, des paroisses ou d’autres organisations où il y a un peu de sensibilisation à faire. Souvent, ces organisations sont conscientes d’avoir quelque chose qui a une valeur importante, mais elles n’accordent pas toute l’importance à la préservation que commanderait l’objet qu’elles ont entre les mains. » 

L’inventaire patrimonial de la Ville n’est pas destiné à accumuler la poussière sur une tablette, à l’image de certains artefacts qu’il aura répertoriés. En faire une liste exhaustive n’est qu’une première étape qui mènera au développement d’activités de diffusion, assure Mme Bisson. 

« C’est ce qui nous manquait, dit-elle. De mieux comprendre quels types d’objets et de patrimoine on a conservés. Nous serons mieux outillés pour l’utiliser et le mettre en valeur. » 

Les biens patrimoniaux répertoriés dans l’inventaire de la Ville de Gatineau sont souvent des objets de la vie courante, ou rappelant le passé industriel de la région. 

Il s’agit aussi d’oeuvres d’art, d’artefacts amérindiens et de patrimoine documentaire.