Le MTQ souligne que, partout au Québec, la tendance est au transport en commun.

Les solutions sont « ailleurs »

Les problèmes d’engorgement des autoroutes 5 et 50 aux heures de pointe ne sont pas sur le point de disparaître.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) est arrivé à la conclusion que toutes les mesures d’optimisation récemment analysées ne donneraient pratiquement rien et finiraient par déplacer le problème sur le réseau routier municipal. Les grands chantiers d’infrastructures qui auraient pour effet d’augmenter la capacité du réseau autoroutier ne font, pour leur part, pas partie des plans du ministère. « Les solutions devront donc venir d’ailleurs », précise Philippe Perron, ingénieur à la direction régionale du MTQ. 

« Ailleurs », selon le MTQ, c’est le pont Alonzo, qui sera élargi d’ici cinq à sept ans pour faire de la place à deux voies dédiées au transport collectif et à une piste multifonctionnelle. Les travaux sont évalués à 65 millions $. Le député de Gatineau, Robert Bussière, a récemment fait savoir qu’il voulait que ces travaux attendus depuis longtemps dans le secteur se réalisent plus rapidement que prévu au calendrier du MTQ. 

« Ailleurs », c’est aussi le pont Lady Aberdeen et ses approches sur les boulevards Fournier et Gréber. Le Droit a appris qu’une étude est actuellement en cours afin d’évaluer les besoins en déplacements sur cet axe, tous modes de transport confondus, incluant le transport actif. La nature des travaux, les échéanciers et les coûts ne sont toutefois pas encore déterminés. Un élargissement de ce pont serait souhaité afin d’augmenter la fluidité du transport en commun sur cet axe. Le prolongement du Rapibus jusqu’au boulevard Lorrain s’inscrit aussi dans les solutions qui, à terme, devraient avoir un impact sur la fluidité du réseau autoroutier, tout comme le futur lien structurant dans l’ouest enlèverait de la pression sur l’autoroute 5.

« Doubler la capacité de l’autoroute 50, par exemple, serait comme arroser un jardin avec un gros boyau pour éteindre un feu, image l’ingénieur du MTQ. Le jardin, c’est la ville. Le jardin n’arriverait pas à prendre toute cette eau. Ça ne sert à rien. Il faut comprendre qu’on est aussi pris avec le réseau routier des villes de Gatineau et d’Ottawa. On peut améliorer notre réseau, celui dont nous sommes responsables, mais ça n’améliorerait pas la fluidité à l’intérieur de la ville. Ça pourrait même la détériorer. »

La seule solution qui semble apparaître au tableau pour améliorer la fluidité de la 5 et la 50 réside dans le transfert d’automobilistes vers le transport en commun. « C’est vrai partout au Québec, note M. Perron. Les villes veulent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ça ne va pas dans le sens de l’utilisation de l’autosolo. Gatineau veut aller vers le transport en commun. C’est vers ça que tout le monde s’en va. Il y aura des changements d’habitudes à faire. »