L’aquaponie consiste à unir la culture maraîchère et l’élevage de poissons. Les plantes sont irriguées en circuit fermé par de l’eau provenant de l’aquarium.

Les Serres urbaines Notre-Dame se tournent vers l’aquaponie

Les Serres urbaines Notre-Dame viennent de faire tout un virage. L’entreprise d’économie sociale abandonne son projet de construire 17 000 pieds carrés de serres maraîchères dans le secteur du parc Sanscartier et projette maintenant l’aménagement d’un complexe aquaponique vertical qui deviendrait le premier du genre au Québec.

Le coordonnateur de l’entreprise, Ignacio Zarate, explique que la mission et l’ADN des Serres urbaines demeurent les mêmes, à savoir créer une trentaine emplois et participer activement à la relance économique du Vieux-Gatineau. « Mais après les inondations de 2017, il est devenu pratiquement impossible de continuer avec notre projet de serres au parc Sanscartier, dit-il. Nous avons alors exploré d’autres terrains où nous pourrions nous installer. Nous cherchions aussi une façon de rentabiliser encore plus notre projet. »

C’est la rencontre avec les gens d’Écosystème alimentaire urbain, une firme montréalaise spécialisée dans la culture aquaponique, que les représentants des Serres urbaines Notre-Dame ont décidé de modifier leur modèle d’affaires en innovant.

Bien qu’elle soit perçue comme de l’agriculture innovante aujourd’hui, l’aquaponie a été développée il y a très longtemps par les Aztèques, rappelle M. Zarate. Ce système consiste à unir la culture maraîchère et l’élevage de poissons. Les plantes sont irriguées en circuit fermé par de l’eau provenant de l’aquarium. « Le principe de base est simple, explique M. Zarate. Les rejets des poissons sont très riches en nutriments pour les plantes qui elles, à leur tour, grâce à un système de pompes, filtrent naturellement l’eau du bassin de poisson. Cette méthode permet d’utiliser 80 % moins d’eau que l’agriculture traditionnelle. »

Ainsi, en plus de produire à longueur d’année, en serres, des fruits et des légumes, les Serres urbaines Notre-Dame produiront aussi du poisson frais qui pourra être distribué dans les épiceries de la région. Le plan d’affaires prévoit une production de 50 tonnes de fruits et de légumes, ainsi qu’une production d’environ 10 tonnes de poisson par année. En étant verticale, l’installation nécessaire utiliserait aussi moins de terrain que des serres conventionnelles.

Les Serres urbaines Notre-Dame sont actuellement en discussion avec une entreprise privée bien connue dans la région pour acquérir le terrain nécessaire au complexe aquaponique. M. Zarate précise que les discussions sont très avancées et qu’une conférence de presse pourrait avoir lieu bientôt.

« Si tout se déroule comme prévu, nous débuterons la construction du complexe aquaponique dès 2019, dit-il. Nous commencerons ensuite la production et la distribution. Nous avons déjà des liens très forts avec des détaillants alimentaires indépendants. Nous sommes aussi bien positionnés pour entrer sur les tablettes des grandes chaînes d’alimentation. » L’entreprise prévoit toujours l’aménagement d’une serre-vitrine et d’un café-boutique au Marché Notre-Dame. Cette phase du projet doit avoir lieu en même temps que la restauration de l’artère commerciale, en 2020.

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L'OUTAOUAIS SE DOTE D'UN INCUBATEUR EN ÉCONOMIE SOCIALE

Déjà fortement représentée dans la région avec 327 entreprises génératrices de plus de 6000 emplois, l’économie sociale passe à la vitesse supérieure en lançant un incubateur d’entreprises qui permettra à des entrepreneurs d’obtenir toute l’aide nécessaire pour mettre au monde leur projet de coopérative ou d’organisme à but non lucratif à portée commerciale. 

Mis sur pied par la Coopérative de développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides, le Pôle d’économie sociale de l’Outaouais et le Cégep de l’Outaouais, ce nouvel incubateur, le premier du genre au Québec, est voué à devenir l’outil par excellence dans la région pour accompagner de futures entreprises collectives qui cherchent à émerger. 

«J’ai bon espoir que cet incubateur permettra d’accroître le nombre d’entreprises collectives dans la région, mais aussi leur portée, explique le directeur général de la CDR Outaouais-Laurentides, Patrick Duguay. On pourra prendre des entreprises et les amener plus loin qu’elles n’auraient pu l’imaginer au départ.»

L’incubateur situé dans les locaux de la CDR, au 75, rue Eddy, offrira de l’accompagnement, des occasions de réseautage et hébergera les entreprises le temps de leur incubation. Des activités de formation sur différents thèmes, à savoir le développement d’un modèle d’affaires, la gouvernance d’une entreprise collective, le marketing et les communications seront offertes. 

«Auparavant, l’économie sociale était très axée sur les services à la personne, mais de plus en plus on voit des entreprises passer à un autre niveau comme la distribution, l’agroalimentaire innovant, la technologie, tous des domaines où on n’allait pas trop, note M. Duguay. Il y a des projets qui émergent dans la mise en valeur des milieux comme c’est le cas avec la Forêt Boucher. Le projet Guertin avec Vision multisports Outaouais c’est aussi de l’économie sociale. C’est une nouvelle façon de faire des affaires avec les municipalités pour rendre des services.»

L’incubateur en économie sociale a récemment lancé un appel de projets qui se termine le 26 août prochain. Entre quatre et six projets seront retenus et deviendront la première cohorte de ce nouvel incubateur.