Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, remettra sous peu au ministre Mathieu Lacombe un rapport sur les priorités de l’Outaouais.

Les priorités régionales bientôt sur le bureau du ministre

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est sur le point de transmettre au ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, un rapport sur les priorités de la région en matière de santé, d’éducation et de développement économique. Comme plusieurs autres acteurs de la région, le maire souhaite que l’exercice dont l’origine remonte à la création du Front régional Outaouais (FRO), en 2015, débouche sur un plan gouvernemental clair pour éliminer l’iniquité dont est victime la région en termes de financement.

Dès son arrivée à la mairie, le maire Pedneaud-Jobin a voulu être l’un des principaux porte-voix des aspirations de la région, même pour celles qui dépassent largement les responsabilités municipales. Pendant tout leur règne, les libéraux n’ont cependant jamais acheté le concept d’iniquité entre l’Outaouais et les autres régions comparables que dénonçait le FRO. La Coalition avenir Québec (CAQ), en reconnaissant cet enjeu et en promettant de le régler, a fait élire trois députés dans la région l’automne dernier.

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Un document émanant du cabinet du maire de Gatineau, obtenu par Le Droit en vertu de la loi d’accès à l’information, présente l’élection de la CAQ comme un événement qui « met fin à des décennies de gouvernance libérale, et qui ouvre la porte à un changement de culture et à l’établissement d’un nouveau partenariat ».

Le pilote

Le maire Pedneaud-Jobin a été limpide dès le lancement de la dernière campagne électorale au Québec. Il veut que Québec développe un plan d’action particulier pour l’Outaouais. Il compte beaucoup sur la percée historique de la CAQ dans la région pour obtenir gain de cause. Il affirme avoir été identifié par la Conférence des préfets de l’Outaouais pour assumer le leadership dans cette démarche.

« Ça prend quelqu’un qui pilote cet exercice et c’est moi qui le pilote, dit-il. On a travaillé beaucoup avec les préfets. Ils ont vu la dernière version du document. On s’est assuré que les partenaires qui ont été dans cette démarche depuis le début ont été associés à tout ça. »

Roch Martel

Afin d’appuyer M. Pedneaud-Jobin dans cette démarche régionale, son cabinet a embauché Roch Martel à titre de consultant, en novembre dernier. M. Martel est l’ancien président-directeur général de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Outaouais [plus tard devenue l’Agence de la santé]. Il avait été nommé à ce poste en 2002 pour un mandat de cinq ans par l’actuel premier ministre du Québec, François Legault, lorsque ce dernier était ministre de la Santé. Maxime Pedneaud-Jobin a été l’adjoint de Roch Martel jusqu’en 2007.

Des documents obtenus en vertu de la loi d’accès à l’information démontrent que M. Martel a été mandaté pour « valider le contenu et la mise à jour » du document L’Outaouais, une région stratégique pour le Québec, produit par le Front régional Outaouais (FRO), en 2015. « Le cabinet du maire devra approuver la liste des partenaires à rencontrer et fournir le nom des personnes à contacter pour chacun des groupes », précise l’offre de service présenté par M. Martel. Enfin, « les mises à jour et les propositions » devaient être « soumises et approuvées par le cabinet du maire ».

En entrevue avec Le Droit, le maire Pedneaud-Jobin explique que les préfets ont été associés à la démarche dès le début.

« Ils ont le document final en main et ils vont l’endosser, dit-il. On est là-dedans. Certains n’ont pas fini de le lire en détail. On travaille avec toute la région. On a rencontré plusieurs partenaires régionaux. Gatineau ne prend pas toute la place, mais en même temps on est le plus gros joueur, c’est donc normal que ce soit nous qui pilotions l’exercice. »

Le maire précise qu’il doit bientôt rencontrer le ministre Lacombe afin de lui remettre le rapport et pour déterminer la suite des choses.

« Comment allons-nous y arriver et qu’est-ce que ce plan va contenir, pour ça, des discussions auront lieu avec le ministre régional », dit-il.

M. Martel touchera un peu plus de 10 000 $ pour les quelque 150 heures prévues à son contrat.