Maquette du projet de nouvel aréna Guertin à Gatineau

Les opposants n'ont pas convaincu la commission

Opposants comme défenseurs du projet du futur aréna Guertin ont sorti l'artillerie lourde, mercredi soir, en commission parlementaire sur l'Aménagement du territoire, à Québec.
L'étude du projet de loi privé 227 déposé par la Ville de Gatineau a donné lieu à plusieurs coups de gueule des principaux opposants dans ce dossier, à savoir en premier lieu les conseillers Denis Tassé, Denise Laferrière, Louise Boudrias et la candidate à la mairie Sylvie Goneau. Les quatre ont de nouveau répété devant les députés ce qu'ils affirment depuis plusieurs mois ; le projet a manqué de transparence et doit passer par un appel d'offres public. Certains ont même laissé entendre qu'il y avait eu du « copinage » et du « favoritisme ».
« J'ai la profonde certitude que les Gatinois vont payer pour une Zamboni et qu'ils vont recevoir une pelle à neige », a lancé M. Tassé pour qualifier le projet de 104 millions $ que Gatineau souhaite réaliser avec Vision multisports Outaouais (VMSO). 
Malgré que le projet actuellement sur la table remet tout le risque financier sur les épaules de VMSO s'il devait y avoir des dépassements de coûts dans la construction et des déficits dans la gestion, M. Tassé a affirmé à la commission qu'il était « alarmé et profondément inquiet » devant la possibilité des dépassements de coûts qu'auraient à assumer les contribuables gatinois. 
Denise Laferrière n'a pas hésité à faire un lien entre les façons de faire de la Ville dans le dossier Guertin et les exemples de collusion et de corruption qui ont mené à la Commission Charbonneau. 
« On vient à peine de se remettre des conséquences négatives de la Commission Chabonneau sur le cynisme de la population envers les instances politique, a-t-elle lancé. Sommes-nous prêts à faire preuve d'angélisme envers le milieu municipal sous prétexte que c'est un gouvernement de proximité ? »
Les discours des conseillers s'opposant au projet depuis le début n'ont pas semblé émouvoir les élus de la commission qui ont donné beaucoup plus d'importance aux affirmations du maire qui a répété que « 100 % des fonds publics, et la majorité des fonds privés seront dépensés via des appels d'offres respectant en tous points la loi municipale ». 
Le maire a aussi semblé convaincre la commission en rappelant que tous les risques financiers dans le projet reposaient sur VMSO. 
« Les gens de VMSO connaissent les sports de glace, sont issus de la communauté et ils vont contribuer à améliorer considérablement l'offre de services aux citoyens, a-t-il ajouté. Le conseil municipal a la profonde conviction que notre projet est bon pour le hockey, pour les citoyens, surtout les jeunes et bons pour les contribuables. »
Le président de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), Gilles Courteau, était aussi présent pour appuyer le projet. 
« Le modèle développé par la Ville de Gatineau est extrêmement intéressant et comme ligue, si tout tombe en place, nous allons vouloir en faire un exemple ailleurs au Québec, a-t-il indiqué. C'est un modèle qui satisfait les citoyens, rassure les municipalités et qui permet de garantir la présence d'un club pendant de nombreuses années. 
La Corporation des entrepreneurs généraux du Québec et les cols bleus de la Ville de Gatineau sont aussi venus s'opposer à l'adoption du projet de loi privé puisque selon eux, le projet du futur aréna Guertin ne respecte pas les règles de base dans l'attribution de contrats publics.