Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.

Les maires veulent plus de sous pour les infrastructures

Assez parlé de souveraineté et de référendum, le temps est venu pour les chefs de parti de prendre des engagements clairs envers le monde municipal, ont dit en choeur, lundi, le maire de Montréal, Denis Coderre, et celui de Québec, Régis Labeaume, entourés de plusieurs maires, bien déterminés à faire des problèmes municipaux un enjeu central de la campagne électorale.
Après une douzaine de jours de campagne, les maires du Québec estiment que le temps commence à presser. Ils demandent aux chefs des différents partis de se commettre sur deux enjeux en particulier: la loi attendue sur les régimes de retraite des employés municipaux et le partage de la facture de la mise à niveau des infrastructures municipales.
En conférence de presse à Québec, autour du président de l'Union des municipalités du Québec, Éric Forest, les maires présents ont demandé aux leaders politiques d'annoncer leurs couleurs lors du premier débat télévisé des chefs, jeudi soir, puis au cours du sommet des municipalités qui se tient vendredi à Québec.
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n'était cependant pas de la partie. Il a été forcé d'y renoncer à la dernière minute, en raison d'un bris d'avion.
En conférence de presse à la Maison du citoyen, il a indiqué que le rattrapage nécessaire au niveau des infrastructures est chiffré à plus de 1,2 milliard de dollars, à Gatineau seulement.
Il a insisté sur plusieurs mesures mises en place par la Ville, au fil des ans, dont la taxe spéciale de 1 % pour les infrastructures.
«Malgré toutes ces décisions courageuses, pour procéder au rattrapage et pour faire la réfection annuelle nécessaire, nous devrions investir entre 75 et 100 millions $ de plus annuellement. Nous sommes de bons élèves, nous prenons nos responsabilités, mais malgré tout cela, nous n'y arrivons pas», a-t-il expliqué.
Le maire a notamment cité en exemple les quelque 356 kilomètres de rues dont l'état a été jugé en-deçà d'un seuil acceptable en 2011, en hausse par rapport aux 195 kilomètres de rues classifiés de la même façon, six ans plus tôt.
Clamant parler d'une seule voix, le monde municipal a donc bien l'intention d'accroître la pression au cours des prochains jours sur les chefs politiques pour qu'ils répondent à leurs demandes.