Les groupes écolos promettent de réagir

Mécontent du projet de loi C-37, le comité pour la protection du parc de la Gatineau promet de tout faire en son pouvoir au cours des prochains mois pour que soit amendé le projet de loi, qui vise notamment à protéger davantage le seul parc du gouvernement fédéral à ne pas être classé parc national.
Présenté début juin par les ministres John Baird et Lawrence Cannon, le projet de loi C-37 a pour objectif de rendre plus efficace et plus transparente la Commission de la capitale nationale (CCN), qui gère le parc de la Gatineau depuis 1959.
 
Le texte du projet législatif accorde une place importante à la gestion du parc. Il décrit notamment de façon précise les limites géographiques du parc, et «accorde de l'importance» à la préservation de l'environnement.
Mais cela ne suffit pas, soutient le coprésident du comité pour la protection du parc de la Gatineau (CPPG), Jean-Paul Murray. «Le problème, c'est que ces limites territoriales ne sont pas protégées ou enchâssées dans la loi. Elles sont mentionnées, et la CCN peut les modifier sans demander l'avis de qui que ce soit. Le parlement n'a pas besoin d'être consulté», expose le défenseur du parc.
Cette notion contraste avec celle inscrite dans la loi sur les parcs nationaux, qui prévoit que seule une loi du Parlement peut changer les limites d'un parc national pour en réduire la superficie. «Le parc de la Gatineau est un parc national de seconde classe», tonne M.Murray.
Un mémoire à l'automne
Dans l'espoir d'interpeller les parlementaires, le CPPG présentera d'ici la mi-octobre un mémoire, dont LeDroit a obtenu copie, au Comité permanent de l'environnement et du développement durable de la Chambre des communes.
Le document énonce cinq piliers que le groupe juge nécessaire dans toute loi portant sur le parc de la Gatineau. Son titre: Pourquoi le C-37 est un échec.
«À la différence de ce qu'affirme le gouvernement conservateur, le projet de loi ne répond pas aux inquiétudes exprimées par des groupes et citoyens, indique le mémoire. [...] (Il) n'accorde pas de statut formel au parc de la Gatineau et ne fixe pas convenablement ses limites.»
Le CPPG n'est pas le seul à se préparer à fourbir les armes contre le projet de loi conservateur. La Société pour la nature et les parcs du Canada a déjà fait part de son intention de critiquer le projet de loi, lors des rencontres du comité permanent sur l'environnement. Ces audiences devraient avoir lieu d'ici la mi-octobre, selon M.Murray.
Comme il le fait depuis sa fondation, le CPPG demande que le parc de la Gatineau devienne une fois pour toutes un parc national, un projet qui remonte à 1913, mais qu'ont rejetés les gouvernements au fil des années. Transformer le territoire en parc national impliquerait l'expropriation des quelque 300 propriétés privées du parc, qui correspondent à 2% de son territoire.
«Ce n'est pas la voie à suivre», avait dit au Droit le ministre Cannon, à la mi-juin.
Les travaux de la Chambre des communes reprennent le 14septembre.