Un nouvel audit de la Vérificatrice générale de Gatineau éclabousse sans ménagement l’organisation des Grands feux du Casino du Lac-Leamy et la Division des fêtes et festivals de la Ville de Gatineau.
Un nouvel audit de la Vérificatrice générale de Gatineau éclabousse sans ménagement l’organisation des Grands feux du Casino du Lac-Leamy et la Division des fêtes et festivals de la Ville de Gatineau.

Les Grands feux du Casino et la Ville de Gatineau éclaboussés par la Vérificatrice générale

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
EXCLUSIF / Un nouvel audit de la Vérificatrice générale de Gatineau (VGG) éclabousse sans ménagement l’organisation des Grands feux du Casino du Lac-Leamy et la Division des fêtes et festivals de la Ville de Gatineau. Des montants importants d’argent public seraient en jeu dans cette affaire, a appris Le Droit.  

Cet audit qui se trouve en annexe du plus récent rapport de la VGG est complètement passé sous le radar lors de sa publication en octobre dernier. Il précise que des «lacunes importantes» ont été décelées dans le contrôle administratif d’un organisme qui a bénéficié de subventions importantes de la part de la Ville de Gatineau, sans toutefois nommer l’organisme en question.

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L’analyse faite par la VGG laisse aussi entrevoir des manquements non négligeables dans le suivi fait par la Division des fêtes et festivals de l’argent public versé à cet organisme au fil des ans. La VGG recommande d’ailleurs à la Ville d’analyser la possibilité d’entreprendre des recours juridiques afin de récupérer des sommes versées à l’organisme entre 2016 et 2018 et de resserrer grandement ses outils de contrôle et de suivi des organismes qu’elle subventionne. 

Le Droit tente depuis des semaines d’en savoir plus sur cet organisme que la Vérificatrice générale a décidé de ne pas nommer dans son rapport, mais tant la haute direction de la Ville que le cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin et les conseillers municipaux marchent sur des oeufs dans ce dossier. Ils ont tous refusé de commenter. La Ville a fini par référer Le Droit vers la loi d’accès à l’information, mais elle a depuis demandé un prolongement du délai légal autorisé pour transmettre l’information demandée. 

Trois sources sûres ont cependant confirmé au Droit, dans les dernières heures, que l’organisme en question était les Grands feux du Casino du Lac-Leamy. Une source au sein du conseil municipal a d’ailleurs affirmé que plusieurs élus ont été «outrés» de ce qu’ils ont appris lors d’une présentation du dossier faite à huis clos le 27 octobre dernier. Un élu a affirmé au Droit être aujourd’hui «gêné» d’avoir approuvé le versement d’autant d’argent en subventions à l’organisation fondée et dirigée par le promoteur d’événements, Claude Hamelin. 

Quatorze recommandations

Le fondateur et directeur général de la Corporation des Grands feux du Casino du Lac-Leamy, Claude Hamelin, soutient que l’audit de la VGG est «basé sur des faussetés, des mensonges, des fausses informations, voire des inventions». Il reconnaît que certains éléments administratifs pourraient être améliorés au sein de son organisation, mais il affirme avoir toujours respecté à la lettre les protocoles d’entente liant son organisation à la Ville de Gatineau. 

L’audit de la Vérificatrice générale offre peu de détails sur ce qu’elle a découvert en analysant les différents protocoles d’entente entre la Ville et les Grands feux du Casino entre 2016 et 2018. Elle émet toutefois 14 recommandations à l’endroit de la Ville qui laissent entrevoir que les protocoles n’auraient pas toujours été respectés par l’organisation de M. Hamelin, ou à tout le moins que la Division fêtes et festivals ne s’est pas dotée d’outils rigoureux lui permettant de faire un suivi adéquat de l’utilisation de l’argent public versé aux Grands feux du Casino. 

Le promoteur d’événements, Claude Hamelin

La VGG recommande entre autres à la Ville de Gatineau de revoir ses méthodes d’allocation des subventions et d’ajouter une clause forçant l’organisme subventionné à divulguer la rémunération totale de la direction et des administrateurs afin, dit-elle, de permettre à la Ville de se réserver le droit de «ne pas subventionner les rémunérations qu’elle jugera trop excessives». 

Un contrôle supplémentaire devrait être ajouté afin que des «dépenses non valables» ne soient pas considérées dans le total des dépenses subventionnées, ajoute la VGG. Un écart majeur entre le budget approuvé par la Ville et les résultats finaux présentés par l’organisme devrait à l’avenir être considéré comme un «manquement au protocole», ajoute-t-elle. Elle écrit aussi que la Ville devrait revoir ses critères de sélection afin de ne pas subventionner un organisme qui génère des profits avec un événement subventionné. 

Dans le cas d’un transfert d’un événement subventionné par la Ville d’un organisme à un autre, comme ce fut le cas des Grands feux du Casino du Lac-Leamy, il y a un peu plus d’un an, la VGG recommande que tous les actifs liés à l’organisation de l’événement soient aussi transférés. 

En conclusion, il est recommandé à la Ville de Gatineau de développer un programme de formation en analyse financière pour le personnel du Bureau des événements afin qu’ils soient en mesure de bien suivre l’utilisation de l’argent public versé. La VGG ajoute que la Ville devrait consulter son service juridique afin d’analyser la possibilité de récupérer certaines sommes versées à l’organisme [les Grands feux du Casino du Lac-Leamy] pour la période couvrant les années 2016 à 2018. La haute direction de la Ville de Gatineau n’avait toujours pas formulé d’avis concernant les recommandations de la VGG lors de la publication du rapport.