Le quartier du musée, au coeur des débats entourant le projet de Brigil

Les Gatinois pourraient devoir voter sur les tours Brigil

Tous les Gatinois en âge de voter pourraient être éventuellement appelés à se prononcer sur le projet Place des peuples que souhaite construire Brigil au centre-ville de Gatineau.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a soulevé cette hypothèse, mercredi matin, 24 heures après que neuf associations de résidents et de défense du patrimoine aient publié une déclaration commune exigeant de la Ville qu'elle respecte son plan particulier d'urbanisme dans le centre-ville et qu'elle rejette le projet de l'entrepreneur Gilles Desjardins.
«C'est un projet hors norme au chapitre de la consultation, a précisé le maire. Si c'était une dérogation, il y aurait un processus, mais là c'est vraiment un changement profond du plan d'urbanisme dont il est question. Il y a une part de la suite des choses qui va dépendre du conseil municipal. C'est nous qui allons déterminer le type de consultation à faire. Comme le projet ne cadre pas dans le processus normal, il faudra en inventer un. Il pourrait y avoir une consultation grande ville. Est-ce que ça serait nécessairement un référendum? Je ne sais pas, mais théoriquement oui. Je pense qu'il est temps qu'un projet soit déposé pour qu'on avance de façon plus systématique dans ce dossier.»
Le porte-parole de Brigil, Yves Ducharme, a précisé mardi qu'un projet serait officiellement déposé à la Ville de Gatineau d'ici la fin de l'année ou au début du mois de janvier.
Procédure référendaire
En entrevue avec LeDroit en septembre dernier, la directrice du service de l'urbanisme de la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, expliquait que le projet des tours de 55 et 35 étages de Brigil, dans le quartier du musée, est à ce point non conforme à la vision de la Ville pour ce secteur que son autorisation devra nécessairement passer par une modification du plan d'urbanisme.
Et contrairement à la procédure réglementaire appelée «projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble» (PPCMOI), ou spot zoning, régulièrement utilisée à Gatineau, une modification du plan d'urbanisme, de par la Loi, n'a pas à être soumise à un processus référendaire.
«Le conseil pourrait toutefois décider de procéder à un processus référendaire, mais la Loi ne l'oblige pas», affirmait Mme Marchand en entrevue avec LeDroit. «Ça pourrait être une décision du conseil, rien ne l'empêche de demander un vote, le conseil est souverain et il pourrait très bien l'imposer. Si le conseil décide d'aller vers une procédure référendaire, je présume qu'il demandera un avis juridique sur cet élément. Je ne sais pas s'il aurait la souplesse d'imposer une procédure référendaire à la grandeur de la Ville ou si cela ne s'appliquerait qu'à certaines zones.»