Les Gatinois ont continué de faire bonne figure en matière de consommation d’eau potable en 2019 affichant un résultat bien en deçà de l’objectif provincial.
Les Gatinois ont continué de faire bonne figure en matière de consommation d’eau potable en 2019 affichant un résultat bien en deçà de l’objectif provincial.

Les Gatinois modèles en matière de consommation d’eau potable

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Les Gatinois ont continué de faire bonne figure en matière de consommation d’eau potable en 2019 affichant un résultat bien en deçà de l’objectif provincial.

L’édition 2019 du Bilan de l’eau, un exercice répété annuellement par le service de l’environnement, indique que la Ville de Gatineau a distribué 367 litres d’eau par personne, par jour, l’an passé, alors que l’objectif fixé par Québec était de 458 litres. 

Ce résultat comprend toute l’eau potable distribuée aux citoyens, mais aussi aux industries, aux commerces et aux institutions. La Ville estime que la part qui revient aux citoyens équivaut à environ 250 litres, par personne, par jour. Ses outils pour déterminer avec précision la consommation citoyenne doivent se raffiner au cours des prochaines années. L’objectif national à atteindre a été fixé par le gouvernement du Québec à 235 litres, par personne, par jour. 

Détection des fuites

Les services municipaux ont par ailleurs poursuivi leurs efforts en matière de détection des fuites en 2019. De fait, 73 fuites ont été détectées et colmatées l’an passé, comparativement à 33 en 2018. 

Ces travaux ont permis d’économiser 8375 mètres cubes d’eau potable par jour, soit l’équivalent de 209 piscines hors terre de 21 pieds. 


« Les changements de comportement, avec le temps, ça paie et on voit que les gens sont capables de s’adapter. »
Myriam Nadeau

Règlement sur l’arrosage

La consommation d’eau potable a connu une baisse considérable depuis 2008, soit l’année de l’entrée en vigueur de la réglementation sur l’arrosage. À titre d’exemple, en 2006, Gatineau distribuait 601 litres d’eau potable, par personne, par jour. Depuis cette année record peu enviable, la distribution d’eau potable a connu une baisse de 39 %. Cette donnée a fait dire à la conseillère Myriam Nadeau que «les changements de comportement, avec le temps, ça paie et on voit que les gens sont capables de s’adapter». 

La Ville est d’ailleurs en train de revoir sa réglementation sur l’utilisation de l’eau potable sur son territoire. Le service de l’environnement a expliqué que le plus gros changement au règlement devrait toucher les commerces et les institutions. En vertu de cette éventuelle réglementation, ils n’auraient plus le droit d’utiliser l’eau comme système de refroidissement. 

Il y a aussi une réflexion en cours concernant l’autorisation d’arrosage des pelouses. Certaines municipalités n’autorisent ce type d’arrosage qu’une fois par semaine, alors que Gatineau le permet une fois tous les deux jours, à moins d’une restriction temporaire. «On ne pense pas être plus restrictif à ce niveau», a indiqué la directrice du service de l’environnement, Chantal Marcotte. 

La conseillère Renée Amyot a soulevé l’idée de s’inspirer des villes des Trois-Rivières et de Saint-Bruno-de-Montarville qui ont rédigé et mis à la disposition des citoyens une guide des meilleures pratiques en matière d’arrosage. «Cela a une valeur pédagogique importante pour expliquer ce qui est le plus efficace et le plus efficace ne veut pas dire plus fréquent», a-t-elle souligné. 

Quant au conseiller Martin Lajeunesse, il a profité de la présentation du bilan de l’eau pour porter à la connaissance du service de l’environnement la requête d’un citoyen de son quartier qui souhaiterait pouvoir nettoyer son entrée en «interlock» parce qu’il n’arrive pas à la balayer efficacement. «Là, il doit faire des travaux et il fait la demande pour voir s’il ne pourrait pas y avoir un permis que la Ville pourrait vendre pour utiliser l’eau», a-t-il expliqué. 

Mme Marcotte a indiqué que son service allait analyser la demande, tout en rappelant qu’«arroser son entrée n’est vraiment pas une bonne pratique». Le conseiller Daniel Champage a pour sa part proposé de laisser la nature faire son oeuvre. «Moi, j’ai lavé mon entrée avec les 10 mm de pluie qui sont tombés dimanche et elle était très belle quand le soleil est revenu», a-t-il expliqué. 

En 2009, l’ancien conseiller municipal Claude Millette avait marqué l’imaginaire en s’opposant à la restriction municipale pour l’arrosage des entrées. Il exigeait que les citoyens puissent arroser leur entrée au moins une fois par année. Son idée n’avait évidemment pas été retenue par le reste des membres du conseil municipal.