Le lien rapide vers l’ouest, voilà une fleur que les utilisateurs de la STO attendent depuis un moment.

Les fleurs, l’engrais et le bouquet

ANALYSE / « La bonne décision n’est pas nécessairement une décision prise rapidement. Pour qu’une fleur pousse plus vite, c’est plus efficace de se dépêcher à choisir le bon engrais que de tirer dessus. »

Difficile de savoir exactement sur quoi travaillent nos 18 jardiniers municipaux et leur horticulteur en chef depuis que ce dernier a prononcé ces mots lors de son assermentation, en novembre. Pour le plus clair de leur temps depuis la nomination du nouveau conseil, les élus de Gatineau préparent, à huis clos, en caucus ou en session de travail, les semis qui doivent venir à maturité dans les prochains mois.

D’ici quelques semaines, les Gatinois devraient cependant avoir une bonne idée du type de bouquet que comptent leur offrir ceux qu’ils ont élus pour s’occuper de la plate-bande. Nul doute qu’il y aura des débats à savoir si on ajoute des roses rouges ou des lys blancs au bouquet. Une chose est cependant déjà acquise, tous s’entendront pour souhaiter un meilleur drainage du sol que l’an passé.

Lien rapide
L’action devrait reprendre sérieusement dès cette semaine sur la scène municipale gatinoise. La présidente de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Myriam Nadeau, a confirmé, jeudi, que l’étude d’opportunité sur le lien rapide vers l’ouest sera fort probablement dévoilée d’ici vendredi prochain. Voilà une fleur qu’on promet aux Gatinois et aux utilisateurs de la STO depuis… décembre 2016.

Le débat sur les principes directeurs du prochain grand projet d’infrastructure à Gatineau ne devait donc plus tarder, à moins que le conseil attende la publication de la deuxième étude, celle financée en partie par le gouvernement fédéral, qui sera plus précise sur certains éléments d’ordre financier.

Il y aura de toute façon très peu de temps morts au cours des prochaines semaines. Le président du conseil, Daniel Champagne, et Cédric Tessier, responsable du programme au comité exécutif, devraient prochainement être en mesure de proposer une formule qui permettra au conseil de se donner un programme pour les quatre prochaines années.

Cette discussion, elle doit avoir lieu assez rapidement. Elle déterminera en partie ce que contiendront les lettres de mandat des présidents des comités et des commissions. La nouvelle gouvernance que souhaite implanter M. Pedneaud-Jobin dans ces instances en dira long sur le niveau de transparence auquel l’administration municipale a l’intention de s’astreindre. Actuellement, une grande partie des travaux des comités et commissions se fait à huis clos. L’accessibilité aux documents qui y circulent est aussi restreinte.

Patrimoine et développement
Les Gatinois devraient aussi bientôt connaître le niveau d’engagement de ce conseil face à la protection du patrimoine et la place qu’il entend donner aux projets immobiliers comme source de revenus. Le président du comité consultatif d’urbanisme, Jocelyn Blondin, a promis que le projet des tours Brigil serait présenté au conseil en février ou en mars. M. Pedneaud-Jobin a déjà précisé que ce débat ne se ferait pas indépendamment de celui de la protection patrimoniale du quartier du musée.

Le dossier du 22, rue Principale, un cas d’insertion dans un secteur patrimonial, à Aylmer, doit revenir devant le conseil dès mardi. Il sera intéressant de voir comment la conseillère du district d’Aylmer, Audrey Bureau, se positionnera dans ce dossier qui retient l’attention de tous les défenseurs du patrimoine de son secteur. Cette décision du conseil pourrait faire école et offrir une indication claire des attentes de l’administration face aux promoteurs dans les dossiers d’insertion de nouveaux bâtiments dans les zones urbaines protégées.

Toujours sur le thème du jardinage, le cannabis occupera certainement une place importante dans les discussions à la Ville. Les enjeux impliquant le service de police sont importants. Beaucoup de questions attendent encore des réponses. La présidente de la commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyot, devra rapidement mener des discussions au sein de sa commission sur la réglementation municipale liée à l’utilisation du cannabis.

À un peu plus long terme, la deuxième phase de la révision des dépenses pilotée par le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, amènera inévitablement le conseil sur le débat du taux de taxation municipale. Il faudra surveiller si les premières économies devant résulter du virage intelligent que la Ville tente de prendre pourront être dégagées à temps pour 2019. Pour l’instant, impossible de savoir. L’administration refuse de partager toute information sur le niveau d’avancement des différents projets de modernisation informatique amorcés en 2015.

Ainsi, après des semaines de préparation et d’évaluation sur les types d’engrais à privilégier au cours des prochains mois, les jardiniers sont fin prêts à semer. Il restera aux Gatinois à regarder pousser les fleurs et attendre qu’on leur offre un beau bouquet en guise de remerciement pour leur patience et leur argent.