Les Assises 2018, qui regroupe plus de 1200 congressistes, auront lieu dès mercredi à Gatineau.

Les élus convergent vers Gatineau

Gatineau deviendra l’épicentre du monde municipal québécois pendant trois jours, cette semaine. Plus de 1200 congressistes sont attendus dès mercredi au Hilton du Lac-Leamy pour les Assises 2018 de l’Union des municipalités de Québec (UMQ). Ce sera l’occasion pour des centaines de maires et conseillers municipaux d’interpeller les chefs politiques des principaux partis et d’entendre ce qu’ils ont à proposer à l’aube des élections générales du 1er octobre prochain.

Les Assises 2018 prendront réellement leur envol jeudi, alors que défileront tour à tour au cours de la journée le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en matinée, ainsi que les chefs des partis d’opposition François Legault, Jean-François Lisée et Gabriel Nadeau-Dubois en après-midi. La journée culminera avec un Forum sur la plateforme municipale de l’UMQ en prévision du rendez-vous électoral de l’automne.

« Nous pourrons comparer les discours, c’est intéressant, surtout qu’ils sont tous en élections, lance le maire de Gatineau et président du caucus des grandes villes à l’UMQ, Maxime Pedneaud-Jobin. Ils arriveront préparés pour s’adresser au monde municipal. Les élus municipaux sont des leaders proches des gens, c’est une foule intéressante pour un chef de parti en campagne électorale. »

Le thème qui rythmera les Assises 2018 est De la parole aux actes, qui fait référence à la Loi sur l’autonomie municipale obtenue par les villes l’an passé, mais aussi et surtout aux leviers maintenant nécessaires aux yeux de ces nouveaux « gouvernements de proximité » pour assumer pleinement cette plus grande liberté d’action. « La Loi sur l’autonomie, nous en rêvions, mais maintenant il faut que les villes puissent avoir les moyens qui viennent avec, note le maire Pedneaud-Jobin. La question c’est que proposeront les partis pour nous amener plus loin ? »

La fiscalité
En ce sens, le maire de Gatineau prévoit qu’il sera beaucoup question de fiscalité municipale lors des Assises 2018, mais aussi dans les mois qui viennent. Ce dernier milite avec ardeur depuis son arrivée à la mairie, en 2013, pour que Québec accepte de verser aux villes un point de pourcentage de la TVQ. Pour Gatineau, cela représenterait des revenus annuels de 50 millions $ et réduirait la pression exercée sur les contribuables avec la taxe foncière.

« Tous les maires vivent la même chose, dit-il. On est obligé d’augmenter les taxes pour continuer d’offrir de plus en plus de service. Ça, c’est en plus d’avoir le problème des infrastructures qui représente la plus grande menace à la santé financière des villes. Tu ne peux pas avoir 60 % des infrastructures publiques à gérer et recevoir seulement 8 % des revenus de taxes et impôts. »

Le forum sur la plateforme municipale de l’UMQ sera d’ailleurs l’occasion de dévoiler les résultats d’une étude démontrant le décalage grandissant entre l’impôt foncier et la nouvelle économie numérique. En entrevue au Devoir, samedi, le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, révélait que d’ici cinq ans, les municipalités risquent de perdre 500 millions $ en impôt foncier à cause du développement de l’économie numérique. Les enjeux du transport et de la mobilité, le développement local et régional, ainsi que la transformation de l’économie seront aussi tous au coeur de cette plateforme municipale.

Ateliers
Les assises annuelles de l’UMQ sont aussi l’occasion pour les élus de faire un peu de formation continue. Des ateliers politiques porteront, entre autres, sur le défi du virage numérique pour les villes, la légalisation du cannabis et des nouvelles responsabilités qui incomberont aux municipalités, des innovations en matière de transport et sur les relations parfois houleuses, mais nécessaires entre les journalistes et les élus.