L'école secondaire Mont-Bleu a subi de lourds dommages après le passage de la tornade, vendredi dernier.

Les élèves de Mont-Bleu iront à de l'Île

Cinq jours après la tornade et l’incendie ayant ravagé en partie l’école secondaire Mont-Bleu, la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a choisi un plan de contingence : les 1475 élèves et le personnel de l’institution seront déplacés à l’école secondaire de l’Île, où un double horaire sera mis en place.

En attendant, la suspension des cours se prolongera au moins jusqu’au 5 octobre, à la veille du long congé de l’Action de grâces. Le retour en classe est donc pour l’instant prévu le mardi 9 octobre, le temps entre autres de déménager le matériel nécessaire. Au total, huit journées d’école auront été manquées.

Le quotidien des élèves, du personnel et des parents sera chamboulé, mais la CSPO soutient que ce scénario s’avérait la meilleure des solutions sur la table, après concertation avec tous les intervenants concernés. 

« C’est l’option qui causait le moins d’inconvénients. C’est contraignant, mais c’était plus viable au bout du compte. [...] Il y aura près de 3000 élèves qui s’entrecroiseront tous les jours, mais uniquement pendant 20 minutes. On ne voulait pas avoir à séparer les élèves dans différents endroits. Tout sera déjà là, par exemple les laboratoires de science, d’informatique, de musique, etc. », affirme d’emblée le président Mario Crevier. 

Les élèves auront quatre périodes d’enseignement de 60 minutes, soit 15 minutes de moins qu’une période habituelle. Il y aura une pause de huit minutes entre chaque période. Les élèves de l’école secondaire Mont-Bleu iront à l’école le matin, de 8 h 25 à 12 h 49, alors que les élèves de l’école secondaire de l’Île seront en classe l’après-midi, de 13 h 10 à 17 h 34. L’organisation des horaires s’est fait en tentant de minimiser l’impact pour tous, dit-on en spécifiant que la réussite des élèves est l’élément principal guidant la prise de décisions. 

Se référant à des cas vécus ailleurs en province, M. Crevier soutient que la fin des classes a déjà sonné vers 19 h 30 à certains endroits. Il avertit cependant que ce n’est nullement le but recherché dans le cas présent et que tous les efforts ont été faits « pour ne pas se rendre jusque-là, car l’élève doit être réceptif en classe ». 

Ce nouvel horaire pour les élèves de l’école secondaire de l’Île a toutefois suscité la grogne chez certains.

« On est tassé dans notre propre école. Ce n’est pas acceptable !, lance un membre du personnel de l’école secondaire de l’Île avant la levée de la séance du Conseil des commissaires, mercredi soir. Une seule école est victime dans votre décision [celle des commissaires], et c’est l’école hôte. »

Les parents des élèves des deux écoles seront conviés à une séance d’information, la semaine prochaine. On y discutera alors des modalités de relocalisation.

M. Crevier indique qu’il n’est actuellement pas dans les cartons de la CSPO de faire une croix sur des journées pédagogiques au calendrier scolaire pour reprendre les jours de classe annulés à Mont-Bleu. Le retard sera rattrapé au cours de l’année, explique-t-il. 

Alors qu’on anticipait au départ que les élèves ne pourraient réintégrer l’école du boulevard de la Cité-des-Jeunes avant quatre voire six mois, la CSPO estime maintenant que le retour ne s’effectuera pas avant la prochaine rentrée scolaire, à la fin du mois d’août 2019.

En ce qui a trait au transport des élèves de Mont-Bleu, aucune décision n’avait encore été prise mercredi après-midi. Des pourparlers, qui seraient à un stade très avancé, étaient toujours en cours avec la Société de transport de l’Outaouais (STO), avec qui une entente existe déjà pour le transport d’un millier d’écoliers. Le recours à des autobus scolaires n’est par ailleurs pas exclu, ajoute M. Crevier. 

En raison de ce double horaire et de l’accroissement du nombre de véhicules, la CSPO a réservé quelque 150 espaces de stationnement au Centre Robert-Guertin, voisin de l’école secondaire de l’Île. 

Un double horaire dans une école secondaire n’est pas une première dans la région. En 2002, la construction de l’école secondaire du Versant n’ayant pu être complétée à temps pour la rentrée des classes, la Commission scolaire des Draveurs (CSD) avait dû reloger plus d’un millier d’élèves à la polyvalente Nicolas-Gatineau durant trois mois.

Avec Julien Coderre, Le Droit