Les dossiers de l'automne politique à Gatineau

Les «affaires courantes» sont au neutre à l'hôtel de Ville de Gatineau. Certains conseillers sont déjà en vacances, sinon beaucoup plus relax. La poussière soulevée lors du dernier conseil municipal retombe tranquillement.
L'action n'a toutefois pas vraiment diminué dans le cabinet de Maxime Pedneaud-Jobin. Le maire et sa garde rapprochée préparent déjà l'automne. Son équipe souhaite ne rien laisser au hasard, dans la mesure du possible. Une conférence de presse du maire marquera d'ailleurs la rentrée politique à Gatineau. Les dossiers chauds seront nombreux; les débats, animés. Les discussions budgétaires occuperont beaucoup de place et le chef d'Action Gatineau tentera d'y apposer son empreinte en y faisant refléter son programme électoral, dont une partie est aujourd'hui devenue le programme du conseil. Plusieurs conseillers indépendants l'attendent de pied ferme. Le président du conseil, Daniel Champagne, se prépare déjà à déployer tous les efforts nécessaires pour s'assurer, dit-il, de conserver la capacité du conseil à travailler ensemble. «Nous avons eu une période d'assimilation, dit-il, nous avons gagné en maturité, là nous prenons notre vitesse de croisière.» Regard sur l'automne politique qui se profile à Gatineau.
- les négociations avec les syndicats sur les régimes de retraite et le renouvellement des conventions collectives;
- l'ouverture des soumissions pour le centre multifonctionnel;
- la priorisation des grands projets et l'analyse de leurs coûts;
- la vétusté des arénas;
- l'avenir du programme de crédit de taxes dans le centre-ville;
- le rapport sur les années de collusion à Gatineau;
- la réforme des comités et commissions/le salaire des élus;
- le diagnostic organisationnel de la Société de transport de l'Outaouais (STO).
Favoriser le développement durable
Ça se passera loin des projecteurs, mais un travail de moine qui s'amorcera cet automne aura un «impact énorme» sur la façon de vivre à Gatineau à l'avenir. Des centaines de règlements municipaux, tout aussi diversifiés les uns que les autres, devront être modifiés dans les prochaines années afin de mettre en application le nouveau schéma d'aménagement sur lequel ont travaillé les élus au cours des dernières années. Ce nouveau schéma d'aménagement représente ni plus ni moins la vision de la Ville de Gatineau pour les 40 prochaines années. C'est la nouvelle base sur laquelle les élus et l'administration devront se pencher avant de prendre toutes décisions quant au développement de la Ville. Un comité de suivi du schéma doit être créé afin que tous les acteurs liés au développement, qu'il soit résidentiel, économique, commercial, environnemental ou en lien avec le transport, aient voix au chapitre. «C'est toute une tâche, lance la conseillère Denise Laferrière. Nous devrons modifier une panoplie de règlements pour refléter notre nouveau schéma. Nous voulons favoriser le développement durable. Notre réglementation devra être modulée en ce sens-là.» Les exemples de changements à apporter sont nombreux. Certains peuvent paraître anecdotiques, mais le travail devra tout de même se faire. Par exemple, la réglementation municipale interdit la présence de potager devant les résidences. C'est actuellement toléré, tant qu'il n'y a pas de plainte. Si Gatineau veut favoriser le développement durable, elle peut difficilement interdire de telles initiatives.
Tisser des liens avec l'UQO
Le premier voyage du maire de Gatineau aura lieu cet automne. Il sera accompagné d'une petite délégation qui réunira le conseiller Jocelyn Blondin, des gens de l'administration et probablement des représentants de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). La délégation visitera trois villes universitaires, dont Sherbrooke, afin de voir comment certaines municipalités ont pu tisser des liens très serrés avec leurs institutions d'enseignement supérieur. Maxime Pedneaud-Jobin a fait de l'amélioration des liens entre l'UQO et la Ville de Gatineau l'un des éléments centraux de sa plateforme électorale. Il a souvent cité en exemple le modèle sherbrookois. Il a même organisé une rencontre impromptue entre le conseiller Blondin, responsable de mener ce chantier, et le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny. «Après cette discussion, je me suis mis à rêver, il y a lieu de rêver, a affirmé M. Blondin. Il faut que l'UQO prenne de l'importance dans la vie de Gatineau. Il y a de nombreux partenariats qui peuvent être faits, à plusieurs niveaux, même dans les partages de terrains ou dans la construction de bâtiments.» Jocelyn Blondin soutient aussi que certains efforts pour resserrer les liens entre Gatineau et l'UQO pourront être faits dans un court laps de temps et qu'ils produiront des retombées rapidement.
Diversifier l'économie
Diversifier l'économie de la Ville de Gatineau ne se fera pas instantanément, mais l'automne qui vient apparaît comme le moment où les belles paroles feront place au passage à l'acte. Déjà, le processus de réflexion est en marche. Développement économique/CLD Gatineau (DECLDG) est en train de revoir sa structure tout en planchant sur sa prochaine vision stratégique pour les 15 prochaines années. Les acteurs économiques de la région seront rapidement mis à contribution à la rentrée. La Chambre de commerce de Gatineau, en collaboration avec l'Université du Québec en Outaouais (UQO), mettra en place différents comités de travail qui se pencheront, dès septembre, sur tous les éléments de nature économique à Gatineau. Les liens entre la Ville et Ottawa, ou encore avec l'UQO seront au nombre des sujets abordés. Certains détails restent à ficeler, mais le tout devrait culminer en novembre, lors de la tenue d'un forum économique. La vision stratégique que mettra de l'avant DECLDG sera fortement teintée des résultats que donneront ces travaux.