La démocratie pourrait de nouveau s’exprimer en présentiel à partir de septembre à la Ville de Gatineau.
La démocratie pourrait de nouveau s’exprimer en présentiel à partir de septembre à la Ville de Gatineau.

Les conseils municipaux en personne de retour en septembre à Gatineau

La démocratie pourrait de nouveau s’exprimer en présentiel à partir de septembre à la Ville de Gatineau. Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, travaille sur un plan avec le service du greffe et la direction générale afin que les rencontres du conseil, les comités pléniers, les séances des commissions municipales et les consultations publiques puissent reprendre en personne dès le début de l’automne.

Un constat semble déjà surgir des premières réflexions. La scène de salle Jean-Despréz qui accueille la majorité des séances du conseil municipal n’est pas assez grande pour les besoins de distanciation physique. Le même obstacle plombe la salle des comités où les élus tiennent la grande majorité de leurs sessions de travail à huis clos et en public.

«C’est réaliste de penser qu’on aura une reprise des activités en personne en septembre, c’est ce que je souhaite, indique M. Champagne. Pour toutes sortes de raisons, pour les débats, pour les rencontres en personne quand des dossiers nous divisent et que des discussions dans des cadres moins formelles sont nécessaires. Tout ça nous manque tous. Nous avons aussi besoin de la relation avec les citoyens. En conseil, je lis les questions des citoyens, mais ça reste un exercice difficile parce que ce n’est pas toujours évident de transmettre l’émotion.»

À défaut de pouvoir utiliser la salle Jean-Despréz et la salle des comités, la ville doit explorer d’autres options. La Maison de la culture et son immense scène, où le conseil se déplace une fois par année? «La Maison de la culture est un endroit extraordinaire, mais pour un conseil municipal c’est très impersonnel, on est très reculé sur la scène, on est très loin des citoyens, note M. Champagne. Ce n’est pas optimal. On a de la misère à voir les citoyens de la scène lorsqu’ils s’expriment. Ce n’est pas une option.»

Le président du conseil lorgne la salle des Fêtes, située juste à côté de l’agora Gilles-Rocheleau, à la Maison du Citoyen. L’endroit est souvent utilisé comme gymnase par les fonctionnaires de la Ville. Il sert aussi régulièrement pour les consultations publiques d’envergure. «Il faut des locaux d’une certaine grandeur permettant d’installer quelque chose de temporaire, mais temporaire pour un certain temps, dit M. Champagne. Ça nous prend un environnement aménagé et qui pourra nous servir tant qu’on ne pourra pas revenir aux espaces habituels.»

M. Champagne n’a nullement l’intention de limiter la participation citoyenne en raison des règles de distanciation. «Je vais m’assurer qu’on trouve les mécanismes pour que tous ceux qui souhaitent assister à nos rencontres publiques puissent le faire, insiste-t-il. La salle des Fêtes permet une bonne distanciation et s’il devait y avoir trop de monde, il y a moyen d’ouvrir les portes et d’aménager quelque chose à l’extérieur. Le conseil est le lieu d’expression des citoyens. Il faut trouver une méthode pour s’assurer que tout le monde soit en mesure de poser ses questions et interpeller les conseillers et le maire en personne.»

Le retour en arrière sur la possibilité de faire parvenir des questions au conseil par courriel qui a été mis en place au début de la pandémie est impossible, selon M. Champagne. La meilleure façon de participer sera toujours en personne, note le président du conseil. On ne peut cependant pas ignorer ce qu’on est capable de faire maintenant. Le groupe des présidents de conseils des grandes villes que préside M. Champagne espère pouvoir en discuter avec la ministre des Affaires municipales sous peu. «Il y a des jeunes familles qui n’ont pas toujours l’occasion de se déplacer un mardi pour un conseil à 19h. Ces gens-là veulent aussi contribuer à construire leur municipalité. On doit trouver des mécanismes leur permettant de s’exprimer.»