Les cols blancs porteront des vêtements mous

Suivant le pas des policiers, c'est au tour des cols blancs de la Ville de Gatineau de s'inventer un nouveau code vestimentaire.
Dès la semaine prochaine, les syndiqués sont invités à porter des pantalons de jogging, des bas de pyjama ou des pantalons de yoga, dans le cadre du mouvement provincial des « Lundis mous », en contestation du projet de loi 3, qui prévoit une refonte des régimes de retraite des employés municipaux.
« Je leur demande d'être créatifs, affirme le président du Syndicat des cols blancs de Gatineau, Marc Demers.
Ce dernier assure que les services aux citoyens ne seront pas affectés par ce moyen de pression.
« On ne veut pas nuire aux services aux citoyens, mais on veut démontrer qu'il y a quelque chose qui se passe et qu'on n'est pas content », dit-il.
Les « Lundis mous » débuteront en fait mardi prochain, en raison du congé civique.
Les moyens de pression liés au code vestimentaire vont s'intensifier dans les prochaines semaines. Des chandails, actuellement en impression, seront distribués au cours du mois d'août.
M. Demers estime qu'il est indécent que Québec exige aux simples employés de se serrer la ceinture, alors « que le premier ministre s'apprête à augmenter le salaire des députés de 46 000 $ ». « C'est deux poids deux mesures », déplore-t-il.
Le projet de loi 3 propose entre autres de répartir également les déficits passés, présents et à venir des régimes de retraite entre les employés et la municipalité.
« C'est trop restrictif comme loi. D'autant plus qu'on vient jouer de façon rétroactive dans nos droits », s'insurge M. Demers.
La Ville de Gatineau ne compte pas sévir contre ses employés qui contreviennent au code vestimentaire ou apposent des autocollants sur les véhicules municipaux en guise de protestation.
Le projet de loi sera examiné en commission parlementaire à la fin de l'été.