Bien des victimes des inondations de 2017 et 2019 ne sont pas encore sorties du bois.

«Les citoyens ont peur du printemps prochain, et bien nous aussi»

« Le sentiment qu’on a tous eu quand on a compris qu’on recommençait comme en 2017, c’était effrayant, raconte le maire Maxime Pedneaud-Jobin. On peut chiffrer les coûts d’une inondation. Mais ça, c’est dur à chiffrer. On est une ville sinistrée. »

Bien des victimes des inondations de 2017 et 2019 ne sont pas encore sorties du bois. C’est aussi vrai pour la Ville de Gatineau et son administration. « Les citoyens ont peur du printemps prochain, et bien nous aussi », admet le maire de Gatineau.

Les cicatrices laissées par les catastrophes naturelles des trois dernières années ne sont pas visibles que sur le terrain. Elles le sont aussi dans les bureaux de la municipalité.

« J’ai vu des employés épuisés, dit-il. On a des gens encore en traitement en raison de ce qu’ils ont vécu de difficile lors des inondations de 2017. Il y a des gens qui ont des problèmes familiaux parce qu’ils n’ont pas été là pendant des semaines, et quand ils le pouvaient, ils étaient complètement stressés. Et ça, c’est de bas en haut de la fonction publique. Il y a des bleus qui étaient des travailleurs le jour, des bénévoles le soir et des sinistrés la nuit. Ça laisse des traces ça. Des gens ont dû prendre de longues vacances. On a des gens qui sont encore perturbés par tout ça. C’est clair qu’il y a des conséquences. »

Le maire reconnaît que l’épuisement qui se fait sentir au sein de l’organisation survient alors que la pénurie de la main-d’œuvre continue de prendre de l’ampleur et que ce n’est pas près de s’arrêter. Les choix faits par la Ville dans la gestion de ses effectifs au cours des dernières années ont mis l’organisation dans une situation de vulnérabilité, voire dans une position critique qui met en danger la livraison de certains services à la population. Il s’agissait d’ailleurs de l’un des principaux constats de l’étude approfondie du budget rendue publique il y a un an.

Questionné à savoir si ces enjeux de livraison de service et de gestion des effectifs sont exacerbés par les impacts négatifs des inondations sur l’organisation, le maire a reconnu ne pas être en mesure de répondre. Il y a un an, le rapport révélait que 29 % des cols bleus, 28 % des cadres et 20 % des cols blancs avaient atteint leur éligibilité à la retraite, ou étaient en voie de l’atteindre.