Les biblios de quartier, une priorité

S'ils sont mi-figue mi-raisin quant au projet de construction d'une grande bibliothèque, les citoyens de Gatineau semblent tenir mordicus à leurs bibliothèques de quartier qui, à leur avis, doivent demeurer un service de proximité accessible. C'est l'une des conclusions qui ressort de la consultation publique sur le Plan de déploiement du réseau de bibliothèque municipale, tenue au printemps 2013.
Majoritairement satisfaits de l'offre de services dans leur bibliothèque respective, les quelque 300 participants croient cependant qu'il serait pertinent que le réseau soit amélioré, modernisé, voire agrandi. La vétusté de certains locaux et ouvrages ainsi que le manque d'espace figurent parmi les points à améliorer, selon eux.
L'érection d'une bibliothèque centrale semble diviser la population car l'idée est jugée trop ambitieuse par certains, tandis que d'autres se disent enthousiasmés par le projet. De plus, ces derniers n'y sont favorables qu'à condition qu'elle ne nuise pas aux bibliothèques de quartier. Autre aspect à noter : l'accessibilité et la localisation de la grande bibliothèque seront des éléments cruciaux puisque les résidents les plus éloignés du centre-ville ont démontré une réticence à devoir se déplacer de plusieurs kilomètres.
Après que des visions opposées se soient affrontées au sein de l'ancien conseil municipal et qu'Action Gatineau ait annoncé en campagne électorale que la grande bibliothèque ne faisait pas partie de ses priorités, le plan de redéploiement des bibliothèques, évalué à environ 80 millions $, a semblé faire davantage consensus hier à la table du conseil.
Plus qu'une bibliothèque
Pour le conseiller du district Carrefour-de-l'Hôpital, Gilles Carpentier, l'enjeu principal est de modifier la « marque de commerce » du concept afin de rallier la population. Pour lui, il faut parler d'un grand centre culturel et non d'un simple endroit rempli de tablettes et de livres.
« Les gens repoussent quelque chose sans savoir ce qu'ils repoussent. Je veux m'assurer que les citoyens gatinois ne voient pas la grande bibliothèque comme un endroit feutré, qui a tout d'une bibliothèque traditionnelle. Je ne suis pas convaincu que ça a été bien compris lors des consultations. Il y a du bon travail qui a été fait. L'échantillon est mince, mais c'est représentatif », a-t-il lancé.
Son collègue du district du Versant, Daniel Champagne, estime quant à lui que la résistance vient du fait que le sentiment d'appartenance des Gatinois est peu élevé.
« Gatineau doit absolument se doter de symboles identitaires qui vont faire en sorte que les gens vont s'associer à la ville dans laquelle ils résident. Dans certains cas, on se retrouve avec des gens qui habitent ici depuis 15 ou 20 ans, mais qui s'associent encore à leur ville d'origine. Il y a un principe identitaire qui n'existe pas à Gatineau », dit-il.
Pour la conseillère du district Hull-Wright, Denise Laferrière, il est temps d'avancer dans ce dossier.
« Nous sommes élus pour être des leaders. C'est certain qu'il faut écouter la population, mais à un moment donné, il faut la prendre la décision. Ça fait sept ans qu'on a le pied sur le frein pour je ne sais pas trop quoi. On doit accélérer le pas pour la revitalisation du centre-ville », a-t-elle indiqué.
Les discussions sur le plan de redéploiement des bibliothèques se poursuivront lors du lac-à-l'épaule des élus, prévu en mars.