Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a déclaré en rencontre éditoriale avec Le Droit qu’il voulait que la réflexion sur un sixième pont se fasse de manière inclusive.

L’environnement pousse Pedneaud-Jobin vers un 3e mandat

Avis aux prétendants, le maire Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas l’intention de se limiter à deux mandats. Le vaste et complexe chantier de l’environnement semble le pousser à briguer de nouveau la mairie en 2021. « Si j’avais à décider aujourd’hui, c’est oui sans hésiter, lance-t-il. Deux ans c’est long en politique, c’est pour ça que je me garde encore une petite gêne, mais je ne vois pas beaucoup de scénarios qui feraient en sorte que je ne sois pas là. »

Il reste encore beaucoup de pain sur la planche avant de renvoyer les Gatinois aux urnes, insiste cependant le maire Pedneaud-Jobin lors d’une rencontre éditoriale réalisée avec Le Droit dans le cadre de son bilan de mi-mandat. Une bonne part de l’action municipale s’est concentrée autour du thème de l’environnement, depuis deux ans, et la tendance ne devrait pas changer d’ici la prochaine élection, signale le maire.

L’inondation du printemps dernier a propulsé Gatineau au centre de bien des dossiers d’envergure dans le domaine environnemental. La Ville a obtenu le mandat du gouvernement du Québec de refaire toute la cartographie des zones inondables en Outaouais. Elle s’est impliquée dans la réalisation de la zone d’intervention spéciale. Un outil d’information sur les niveaux d’eau a été instauré. Des représentants de la Ville siègent aussi dans les différents comités de réflexion mis sur pied par le gouvernement pour revoir les façons de développer le territoire en zone inondable.

« Les grands choix par rapport aux inondations vont commencer à se faire dans les deux prochaines années, note le maire. Ça me tente de continuer à avancer là-dedans. Quand je regarde tout ça, tout ce qui s’en vient, je ne me pose presque pas la question par rapport à un 3e mandat. J’ai développé une expertise de notre terrain. Je sais quels sont les problèmes et où on doit aller pour nos communautés. »

« On brasse les gens »

Gatineau ne se contente pas de réagir aux catastrophes environnementales, insiste le maire. « On est une ville très engagée dans ce dossier depuis deux ans, dit-il. On met en place plusieurs mesures pour lutter contre les changements climatiques. On prend nos responsabilités. On brasse les gens en environnement. Ça n’a pas toujours été simple dans les dernières années. On demande aux gens de changer leurs habitudes et je pense qu’ils sont d’accord. Il y a une crise climatique. Ils veulent qu’on agisse et on agit. Il y a une reconnaissance, sinon une fierté des gens face à ce qu’on fait. On fait partie des bons à ce chapitre. »

Les changements dans la gestion des matières résiduelles ont pris beaucoup de place depuis le début du mandat, admet le maire Pedneaud-Jobin. « On a beaucoup travaillé à réduire notre empreinte environnementale en obligeant le compost, en limitant la quantité de déchets à la rue et en implantant le principe du pollueur-payeur, énumère-t-il. On a voulu aller vite. On a dû reculer et s’ajuster, mais globalement on maintient le cap et notre système fonctionne. »

Le maire cite aussi en exemple l’enveloppe de 30 millions $ réservée pour le plan vélo au nombre des actions réalisées par son administration pour lutter contre les gaz à effet de serre. « On fait aussi des investissements importants à la Société de transport de l’Outaouais (STO), dit-il. Ça nous a donné une hausse d’achalandage record. C’est une augmentation de 6 % en 2018 et ce sera encore plus élevé en 2019. Nous sommes en tête de lice en Amérique du Nord, voire dans le monde pour l’augmentation de notre achalandage. »

La réponse monétaire

Le maire Pedneaud-Jobin rappelle que les changements climatiques ont des impacts négatifs très concrets qui se font sentir sur les infrastructures de la Ville. « On fait face à des défis très importants, dit-il. Que ce soit les nids-de-poule, le déneigement, les périodes de gel et de dégel, les pluies diluviennes, tout ça a des impacts sur nos infrastructures, ça nous oblige à nous adapter et nous le faisons. »

En ce sens, le maire rappelle que son administration a augmenté le financement du Plan triennal des immobilisations de 60 % en six ans. « C’est énorme, affirme-t-il. Juste pour le pavage, c’est une augmentation de 72 % entre 2013 et 2020. Nous serons à 27 millions $ récurrents l’an prochain. En date de cette semaine, on a réparé 77 314 nids-de-poule, alors qu’on en faisait environ 50 000 par année auparavant. Notre budget de déneigement a augmenté de 35 % depuis 2013. On s’est doté d’un plan d’action de 25 millions $ pour mieux faire face aux pluies diluviennes dans certains quartiers. On a une plus grande force de frappe, mais il reste encore du travail à faire. »