La baisse est aussi bien observable tant pour les crimes contre la personne (-2 %) que pour les crimes contre la propriété (-4 %).

Léger recul de la criminalité à Gatineau

La criminalité a effectué un léger recul sur le territoire de Gatineau, en 2018, alors que 381 crimes de moins ont été commis, soit une diminution de 4 % par rapport à l’an passé.

C’est le constat général qui ressort du bilan annuel des activités du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), présenté mardi aux élus réunis en comité plénier. La baisse est aussi bien observable tant pour les crimes contre la personne (-2 %) que pour les crimes contre la propriété (-4 %). Ce bilan, ainsi que le travail du SPVG a été salué par plusieurs conseillers municipaux. 

L’année 2018 a évidemment été marquée par la légalisation du cannabis. Le directeur du SPVG, Luc Beaudoin, précise qu’il faudra attendre encore un certain temps avant de dégager un portrait clair des impacts de la légalisation sur la criminalité. Pour l’instant, dit-il, aucune problématique particulière n’a été remarquée. « Rien n’a changé dans nos interventions », a-t-il affirmé avant d’ajouter qu’il y avait eu 17 cas de conduite avec facultés affaiblies par la drogue à Gatineau en 2017, ce qui est loin en deçà des cas de conduite avec facultés affaiblies par l’alcool (260). 

Chiens dangereux

Le nombre de constats émis pour le non-respect de la réglementation encadrant les chiens potentiellement dangereux est passé de 216 en 2017 à 132 l’an passé. Le SPVG affirme toutefois avoir reçu 5269 requêtes en provenance du 311 à cet effet. Plusieurs élus avaient des questions à cet effet pour le chef de police. Ce dernier a précisé que le sujet ferait l’objet d’une présentation distincte au conseil le 19 juin prochain. 

Santé mentale

Les interventions policières reliées à des cas de santé mentale continuent à être nombreuses à Gatineau. Un peu plus de 3400 appels à la police en 2018 étaient liés à des problèmes de santé mentale. Un nouveau partenariat entre le SPVG et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) nommé Équipe UNIC commence toutefois à faire ses preuves. 

De fait, en jumelant un patrouilleur et un agent psychosocial du CISSSO, le SPVG calcule récupérer près de 90 minutes par appel de ce type. Un total de 774 interventions policières ont été réalisées par l’Équipe UNIC. « Ce sont souvent des cas qui demandent beaucoup de temps à nos policiers, précise le chef Beaudoin. Ce ne sont pas des cas que nous prenons à la légère. S’il y avait plus d’effectifs [pour jumeler policiers et intervenants], nous pourrions en faire plus. »

Profilage

Le directeur du SPVG affirme ne pas prendre à la légère les dénonciations relatives à du profilage social au sein du service de police. Il y a quelques semaines, des citoyens s’étaient présentés au conseil municipal pour dénoncer ce type de profilage qu’ils jugeaient systémique au SPVG. « Ça demeure toujours un enjeu quand quelqu’un dénonce du profilage, qu’il soit social ou racial, il ne faut pas faire la sourde oreille, insiste le chef Beaudoin. On ne prend aucun cas à la légère. Il n’y a cependant rien de systémique qui demande une action rapide. On traite ça au cas par cas. »

La conseillère Maude Marquis-Bissonnette a par ailleurs précisé qu’elle souhaiterait que le corps policier des Gatinois reflète mieux la diversité culturelle présente à Gatineau. Le chef Beaudoin a précisé que des efforts étaient faits à ce chapitre. La solution est toutefois compliquée puisqu’elle implique les écoles de police dont le taux de contingentement est très élevé. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rappelé qu’il est important de poursuivre les efforts pour attirer les jeunes des communautés culturelles à se diriger vers les services policiers pour y faire carrière.