Les gouvernements fédéral et provinciaux s’apprêtent à investir des milliards de dollars dans les prochaines années pour améliorer la cybersécurité.
Les gouvernements fédéral et provinciaux s’apprêtent à investir des milliards de dollars dans les prochaines années pour améliorer la cybersécurité.

Le socle de la cybersécurité à Gatineau?

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Et si le socle même de la cybersécurité au pays s’installait à Gatineau. C’est la carte que tente de jouer la Ville de Gatineau en voulant attirer sur son territoire le futur Laboratoire d’identité numérique du Canada.

Les vols de données de 4,2 millions de membres du Mouvement Desjardins et de 6 millions de membres chez Capital One, l’an passé ont rappelé à tous la vulnérabilité des systèmes de protection des données informatiques. La crise dans laquelle le monde entier est aujourd’hui plongé en raison du nouveau coronavirus offre le même dur rappel aux organisations et institutions qui tentent de se tourner massivement vers le télétravail sans vraiment avoir les infrastructures informatiques pour le faire à grande échelle. 

Les gouvernements fédéral et provinciaux s’apprêtent à investir des milliards de dollars dans les prochaines années pour améliorer la cybersécurité. Juste au Québec, ce sont 7,4 milliards $ qui sont inscrits au Plan québécois des infrastructures pour réaliser la transformation numérique.

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Selon l’homme d’affaires Antoine Normand, président de In-Sec-M, une grappe qui regroupe de nombreux acteurs de l’écosystème canadien de la cybersécurité, la toute première pierre à mettre en place pour s’assurer d’un environnement numérique sécuritaire réside dans une identité numérique forte.

«Le socle de base de la cybersécurité est de pouvoir identifier les personnes, dit-il. Tu es capable d’assurer la cybersécurité si tu es capable de garantir que la personne à l’autre bout est bien celle qu’elle prétend être quand elle se connecte au réseau informatique d’une organisation.» 

C’est précisément là que le futur Laboratoire d’identité numérique du Canada prendrait toute son importance. Présenté comme un organisme indépendant et à but non lucratif, ce laboratoire serait responsable des tests et de la certification des outils d’identité numérique développés et utilisés au Canada. 

Le Conseil canadien de l’identité et l’authentification numérique (DIACC) qui regroupe les grandes banques canadiennes et des compagnies technologiques est en discussion avec les gouvernements fédéral et provinciaux afin de publier un guide des normes minimales à respecter au Canada en la matière. Les fruits de ces travaux doivent être publiés au cours des prochains mois.