Le sixième pont quand même nécessaire, selon Boudrias

Pour la conseillère Louise Boudrias, « il y a le rêve et il y a la réalité ». Les connaissances scientifiques sur le transport présentées par les deux chercheures devant le conseil municipal, mardi, ont de quoi faire réfléchir, dit-elle, mais elles n’ont pas ébranlé sa conviction quant à la nécessité pour Gatineau d’avoir un sixième pont.

« La réalité, c’est ce que les gens vivent tous les jours dans la circulation, insiste-t-elle. Ça aussi il faut le prendre en considération. Leur école de pensée c’est d’éliminer le plus possible la voiture, mais la Ville est allongée, les gens sont trop loin de leur destination et ont des horaires atypiques. Je continue de croire que ça prend un autre pont, mais il ne doit pas répondre uniquement aux besoins de l’autosolo. »

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Les chercheures ont souligné à grand trait l’enjeu des « sièges vides » dans les autos qui traversent les ponts aux heures de pointe tous les jours. Mme Boudrias estime que voyager seul dans son auto est une décision personnelle et qu’il n’est pas de sa responsabilité de forcer les Gatinois à agir autrement. « C’est s’attaquer à des habitudes et des décisions que les gens prennent dans leur vie, dit-elle. Moi, comme ville, je peux inciter les gens à faire autrement, mais je ne peux pas être dans leur maison et leur dire de ne pas prendre leur voiture. Ça leur appartient. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin voit évidemment les choses d’un tout autre œil. Selon lui, la conclusion de l’avant-midi de réflexion sur le transport de mardi « ce n’est pas un pont ou pas de pont, c’est qu’est-ce qui va fonctionner ». Le cas de Gatineau est complexe, dit-il. « La démarche qu’on fait, malheureusement pour le citoyen, a l’air plus lente et plus lourde que de simplement dire qu’on veut telle ou telle affaire et que ça va régler le problème, a-t-il expliqué. Moi je pense qu’on a la bonne. »

Le maire a été frappé par les données concernant l’autosolo. « C’est accablant ces chiffres-là, dit-il. On utilise mal nos infrastructures. » 

L’appel des chercheures à interpeller les employeurs pour favoriser le télétravail pour soulager le réseau routier a aussi fait réagir le maire Pedneaud-Jobin. « Nous, on a un employeur qui a 40 000 fonctionnaires sur notre territoire, a-t-il noté. Je sais que le fédéral réfléchit beaucoup et reconstruit l’ensemble de ses bureaux en fonction du télétravail, mais il y a peut-être là une solution à court terme qui vient de monter dans ma liste de priorité. »

La conseillère Audrey Bureau a pour sa part affirmé ne pas avoir appris grand-chose en écoutant les deux scientifiques. « Ce sont des théories en transport connues de tous qui se reflètent déjà dans nos plans, a-t-elle dit. À mon avis, on a peu parlé de pont, mais de théories en transport. Les experts n’ont pas été mandatés pour regarder la situation de Gatineau et ne se sont pas positionnés. » Elle a toutefois souligné que des « solutions intéressantes » comme le covoiturage et l’autopartage ont été soulevées. Il s’agit, a-t-elle souligné, d’enjeux qui seront prochainement soulevés à sa commission sur le transport.

Le son de cloche était tout autre pour la conseillère Myriam Nadeau qui a affirmé avoir appris beaucoup de choses. « Le plus gros morceau que je retiens c’est qu’il y a beaucoup de voies possibles et de moyens qu’on peut pousser davantage pour répondre à nos besoins de fluidité et de mobilité de façon durable, structurante et à long terme », a-t-elle affirmé.