Myriam Nadeau

Le sixième pont n'est pas une priorité pour la STO

Les gouvernements fédéral et provincial ont beau appuyer le projet, la Société de transport de l’Outaouais (STO) n’est a priori pas en faveur de la construction d’un sixième pont entre Gatineau et Ottawa, au même titre que les maires Pedneaud-Jobin et Watson.

«Les gens sont à la recherche de solutions en transport, mais je ne suis pas convaincu que c’est nécessairement par un pont que ces solutions-là passent. Ça fait 60 ans par contre qu’à chaque fois qu’on a des problèmes de congestion, ce qu’on propose c’est d’autres routes, d’autres ponts ou encore élargir des routes ou des ponts. C’est ce qui est le plus intuitif chez les gens de se dire que c’est ce que ça prend, mais on a besoin de proposer d’autres solutions. On sait que d’autres solutions existent, qui vont avoir plus de bénéfices à court, moyen et long terme. Décidément, la position de la STO là-dessus c’est de dire que les investisements passent par le transport en commun», affirme la présidente Myriam Nadeau.

Cette dernière n’a pas souhaité s’avancer à savoir si, advenant la construction d’un pont dans quelques années, le transporteur public réclamerait qu’il comporte une voie exclusivement réservée au transport collectif.

«On extrapole, alors je vais attendre et je vais commenter sur ce qu’on sait. Ce qu’on sait, c’est qu’on veut mettre des études sur le pont et que pendant ce temps, on n’a toujours pas confirmé le financement pour le système structurant à l’oues et nous n’avons toujours pas entamé le tronçon Labrosse-Lorrain (Rapibus). Mes énergies se concentrent d’abord là-dessus. On en a de gros projets de transport en commun en ce moment, on veut s’assurer d’avoir l’argent pour ça avant de faire un autre pont», précise-t-elle.

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CONTRE L'ACCÉS AUX VOIES RÉSERVÉES POUR LES VÉHICULES ÉLECTRIQUES

La Société de transport de l’Outaouais (STO) se range derrière des organisations comme Vivre en ville et le Conseil régional en environnement et développement durable de l’Outaouais (CREDDO) en se disant opposée à l’accès aux voies réservées pour les véhicules électriques.

«Ce que j’ai eu comme échos, c’est que les experts ne sont pas divisés sur le sujet. Oui, il y a l’Association des véhicules électriques qui aimerait qu’on leur donne ce privilège-là, mais au niveau des experts en mobilité dont la STO, ce n’est pas une avenue qui est recommandée», lance la présidente Myriam Nadeau.

«Le but des voies réservées, c’est justement de s’assurer qu’on offre une compétitivité pour les usagers du transport en commun, pour ne pas qu’ils se trouvent coincés dans la congestion. C’est l‘un des avantages qu’on a à utiliser le transport en commun. Qu’on soit seul dans une voiture électrique ou dans une voiture à essence, on risque de congestionner une voie qui est pour le transport en commun», ajoute Mme Nadeau.

La STO «fait déjà sa part pour encourager les bonnes pratiques», rappelant qu’il s’agit de la seule société de transport à travers la province à permettre le covoiturage à trois personnes ou plus sur les voies réservées en milieu urbain.