Une exposition de 200 œuvres d’artistes de la région, de citoyens, petits et grands, donnera une couleur particulière au sentier.

Le Sentier culturel, une institution en devenir

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne ménage pas le choix des mots pour qualifier ce qui se passe actuellement dans l’île de Hull. « Notre centre-ville est en train de vivre la plus grande transformation depuis l’arrivée du fédéral. Il faut se le dire et il faut en être fier », a-t-il lancé, lundi, alors qu’on inaugurait dans l’enthousiasme la deuxième édition du Sentier culturel.

La construction domiciliaire a déjà changé la rue Montcalm et le boulevard Maisonneuve, a-t-il rappelé. La rue Laurier fera aussi l’objet de développement. Le VIU II, un immeuble d’habitation de 24 étages devait d’ailleurs être étudié par le comité consultatif lundi soir. Les résidences d’artistes sont en construction sur la rue Morin. Le secteur Laval-Aubry continue de se refaire une beauté. Les immeubles du fédéral le feront sous peu. La rue Eddy voit apparaître des petits commerces de destinations.

« De très grands projets s’en viennent, a ajouté le maire. Certains, selon moi, feront office de symbole. L’usine, pas belle, orange et grise, dans le projet Zibi, elle va tomber cet été. Ça va enfin donner une vue sur la rivière et va refléter la transformation en profondeur de notre centre-ville. »

France Belisle, directrice de Tourisme Outaouais, Nicholas Daoust, président Vison centre-ville, Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau et Cedric Tessier, conseiller municipal, étaient présents pour l'inauguration du Sentier culturel.

Une institution
Mais ce qui rendait le maire de Gatineau particulièrement fier, lundi, c’est la saveur et la personnalité qu’est en train de se donner le centre-ville avec le Sentier culturel. Ceux qui ont suivi la ligne rouge l’été passé n’ont eu qu’un avant-goût du véritable projet dont tout le monde parlait dans le centre-ville depuis trente ans, mais qui ne s’était encore jamais matérialisé.

« On va garnir le sentier de manière impressionnante cette année, a insisté le maire. On aura un été extraordinaire et on va atteindre notre objectif d’en faire une institution. La deuxième année va marquer plus que la première. L’offre sera extrêmement riche. » Celle qui a été qualifiée de « cheville ouvrière » du projet par le maire, Samuelle Desjardins, parle d’une « immense évolution » par rapport à l’an dernier. « Il y a des installations plus massives, dit-elle. Je me suis inspirée du projet Passages insolites de Québec. Je voulais inspirer à Gatineau l’art éphémère monumental. Il y a des œuvres qui circulent d’une ville à l’autre, comme l’œuvre de la licorne par exemple. »

De fait, une vingtaine d’œuvres d’art public seront exposées le long du sentier. Une dizaine d’œuvres d’art mural, onze attraits principaux, une douzaine d’expositions et de spectacles et une dizaine de visites guidées pimenteront le sentier. Des restaurants organiseront des brunchs à ciel ouvert. Le 4 juillet, la Ville lancera une exposition d’artefacts urbains en collaboration avec le Musée de l’Auberge Sommes et la Société d’histoire de Buckingham.

Une exposition de 200 œuvres d’artistes de la région, de citoyens, petits et grands, donnera une couleur particulière au sentier, tout comme le passage d’œuvre d’art éphémère. La licorne prise dans la glace devrait attirer passablement l’attention. Des ateliers d’art seront offerts dans le cadre du Marché du Vieux-Hull. Une œuvre d’art collective qui impliquera toute la communauté artistique de la région sera créée pendant l’été.

« On n’est pas dans l’abstrait, affirme le maire Pedneaud-Jobin. Tout ça est encré dans la communauté. C’est une des clés. C’est le centre-ville des artistes, des enfants, des citoyens et des gens qui y passent.

Vision centre-ville a profité de l’inauguration du Sentier culturel pour lancer une toute nouvelle application mobile, Go centre-ville.

UN CENTRE-VILLE AU BOUT DES DOIGTS

Vision centre-ville a profité de l’inauguration du Sentier culturel pour lancer une toute nouvelle application mobile, Go centre-ville, qui renferme absolument tout ce qui est pertinent savoir en y mettant le pied dans le centre-ville, ou si on prévoit le mettre. 

Née de la collaboration de nombreux partenaires, cette application mobile servira autant pour diriger les touristes et les Gatinois vers les principaux attraits, que les informer sur les événements publics et ceux organisés dans les bars et restaurants. 

Le sentier culturel sera mis en valeur. Des parcours gastronomique et commerciaux seront proposés. Cette application jumelée au Sentier culturel deviendra un outil très efficace pour Tourisme Outaouais, a indiqué la directrice générale de l’organisme, France Bélisle. 

« Un touriste qui arrête à la Maison du tourisme pour discuter avec un agent va en moyenne dépenser 200 $ de plus que les autres, dit-elle. Avec des outils comme ça, on est capable de les pister vers l’offre à proximité. » 

Le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak voit dans Go centre-ville bien plus qu’une application. 

« C’est un modèle d’affaires en soi, dit-il. Nous avons un partenariat avec les Mosaïcultures. Tout le parcours de l’exposition sera sur l’application. Ce partenariat va générer du trafic et on pourra donner de l’information sur l’offre commerciale et gastronomique à plus de monde. L’an prochain, c’est certain qu’on va vouloir organiser quelque chose avec le Cirque du Soleil. » 

Et à ceux qui répètent sans cesse qu’il ne se passe rien dans le centre-ville, M. Psenak les invite à télécharger l’application. « Ils verront que d’ici le 24 juin seulement, il y a une vingtaine d’activités répertoriées dans le calendrier. »

Une première murale sur panneaux est en création sur le mur de la bijouterie Richer et Snow.

UN RÉSEAU DE MURALES MONUMENTALES

Gatineau s’inspirera de plusieurs autres villes qui ont embelli des quartiers complets parfois défraîchis grâce à de grandes murales sur les murs des édifices. 

«C’est majeur ce qui est en train de se passer avec les murales au centre-ville et c’est grâce au privé», a indiqué le maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

D’ici quelques années, le centre-ville de Gatineau devrait compter des dizaines de murales, affirme le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak. 

«Quand le privé décide d’embarquer, ça peut aller vite», dit-il. Il y a déjà plusieurs entreprises qui ont levé la main pour offrir un mur de leur commerce aux artistes muralistes. Certaines seront monumentales, alors que d’autres seront plus petites. Il y aura aussi des trompes l’oeil. «Nous avons retenu les services de MU à Montréal, un organisme qui a coordonné plus de 100 murales en douze ans à Montréal. La fameuse murale de 22 étages de Leonard Cohen, c’est eux. Nous avons validé avec eux les murs sur lesquels on voulait intervenir. Ils nous aident dans l’organisation et les contrats pour les artistes.» 

Une première murale sur panneaux est en création sur le mur de la bijouterie Richer et Snow. 

Le comité consultatif devait en autoriser une deuxième lundi soir. «Ce sera la première grande fresque sur un immeuble», note M. Psenak.

Le ruisseau de la Brasserie

RÉAMÉNAGEMENT AU RUISSEAU DE LA BRASSERIE REMIS À PLUS TARD

La Ville de Gatineau avait comme projet de procéder à du réaménagement de surface aux abords du ruisseau de la Brasserie ce printemps, à savoir aménager des sentiers, installer du mobilier urbain, créer des aires de détentes et des jeux pour enfants. 

L’environnement aurait été parfait pour y accueillir l’exposition Recycl’art, mais la Commission de la capitale nationale (CCN) avait autre chose en tête, décontaminer ses terrains. 

Le cabinet du maire a indiqué au Droit, lundi, qu’il n’était pas du tout au courant de ces changements dans la planification des travaux. 

«Nous procédons à court terme à des travaux de forage qui consistent à prendre des échantillons de sol, a indiqué Mario Tremblay, porte-parole à la CCN. Ces échantillons seront analysés, et une fois le rapport en main, nous serons en mesure de préciser la teneur des travaux et le calendrier.» 

Gatineau a été mise au fait des intentions de la CCN un peu à la dernière minute, si bien que, selon nos informations, l’exposition Recycl’art est passée bien près de quitter l’île de Hull. 

La Ville de Gatineau ne sait pas quand elle pourra amorcer les travaux de réaménagement qu’elle prévoyait. Recycl’art aura finalement lieu cet été à la Place de la francophonie, près du Théâtre de l’Île.