Le Sentier culturel de Gatineau, qui relie la Maison du citoyen à la ruelle Aubry est de plus en plus populaire, selon le dernier bilan présenté mardi.
Le Sentier culturel de Gatineau, qui relie la Maison du citoyen à la ruelle Aubry est de plus en plus populaire, selon le dernier bilan présenté mardi.

Le Sentier culturel gagne en notoriété à Gatineau

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La notoriété du Sentier culturel dans le centre-ville de Gatineau a continué de croître en 2019. L’ajout de la murale monumentale sur l’immeuble du 191, promenade du Portage et l’œuvre de l’artiste international Bordalo II ont d’ailleurs eu un effet immédiat sur le tronçon reliant la Maison du citoyen et la ruelle Aubry, se réjouit la Ville de Gatineau.

D’après le bilan de l’édition 2019 du Sentier culturel présenté mardi au conseil municipal, le circuit d’art public du centre-ville a vu le nombre d’utilisateurs augmenter de 13 % entre 2018 et 2019. Les Gatinois ont aussi été plus nombreux l’an passé à se déplacer dans leur centre-ville en suivant la ligne rouge. Ils ont représenté un peu plus d’un utilisateur sur trois l’an passé, contre 21 % un an auparavant. La carte du sentier a été consultée tout près de 7000 fois en format numérique l’été passé, alors que le site web du Sentier culturel a enregistré 23 813 visites. C’est presque quatre fois plus qu’en 2018.

Le circuit de 3 km regroupant 25 œuvres d’art bénéficiait d’un budget total de 439 500 $, dont 276 550 $ provenaient de la Ville. Tourisme Outaouais et Vision centre-ville sont les deux autres bailleurs de fonds les plus importants. Le projet permet aussi d’attirer plus de 27 000 $ en investissements privés.

Les gens d’affaires du centre-ville affirment observer des retombées positives du Sentier culturel dans leur commerce, notamment dans le secteur Aubry et de la rue Laval. Ils affirment avoir observé une augmentation de l’achalandage en juillet et une croissance de la fréquentation des restaurants de jour la fin de semaine. Le Cirque du Soleil n’est pas étranger à l’augmentation de la clientèle en août, mais le sentier s’est aussi avéré un lien pertinent et efficace entre le centre-ville et le site Zibi, soutient la Ville. Les ateliers éphémères d’artistes ont aussi représenté un bon coup, selon les organisateurs. Plusieurs événements ont permis d’attirer environ 400 participants. Des discussions ont déjà été entamées afin de poursuivre ces activités lors de la saison estivale 2020. 

Triste Jos

Pour l’édition 2020, les organisateurs souhaitent offrir plus de programmation le long du sentier. Les initiatives favorisant la diversité et l’inclusion devraient être plus nombreuses. Des efforts visant à accroître la visibilité du sentier sur la rive ontarienne sont aussi au programme. 

Le conseiller Jocelyn Blondin qui n’avait jamais été complètement vendu à l’idée du Sentier culturel dans le centre-ville a avoué avoir été agréablement surpris l’été passé, notamment par l’œuvre de Bordalo II. Il a cependant affirmé  s’attendre à un peu plus d’amour cet été pour l’immense statue de Jos Montferrand léguée par les Mosaïcultures. 

Situé directement à la fin de l’autoroute 50, sur la rue Montcalm, Jos avait un air tristounet, « seul dans un genre de gros carré de sable », a noté M. Blondin. Son souhait devrait être exaucé puisque la Ville a confirmé que la sculpture faisait l’objet d’un appel de projets auprès d’artistes. Ces derniers sont invités à proposer une manière de mettre en valeur l’immense personnage, autrement qu’à l’aide de fleurs. 

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pour sa part affirmé que le Sentier culturel fait la démonstration qu’il est possible de revitaliser un secteur à l’aide de l’art et la culture. « Il y a des leçons à retenir, a-t-il dit. On construit quelque chose de permanent et ça amène des investissements privés », a-t-il ajouté. 

Le lancement de l’édition 2020 du Sentier culturel doit avoir lieu vers la mi-juin. Le budget devrait être sensiblement le même qu’en 2019.