Plusieurs dignitaires étaient présents pour l'annonce du retour des Mosaïcultures au parc Jacques-Cartier, dont le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, la directrice générale des Mosaïcultures internationales, Lise Cormier, la députée de Hull, Maryse Gaudreault, ainsi que le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus.

Le retour payant des Mosaïcultures

C’était un secret de Polichinelle, mais voilà que c’est officiellement confirmé : les Mosaïcultures pourront de nouveau être admirées cet été à Gatineau. Les visiteurs devront cependant piger dans leurs poches pour avoir accès au parc Jacques-Cartier.

Alors que l’entrée était gratuite pour tous l’an dernier en marge des festivités du 150e anniversaire de la Confédération, il en coûtera cette année jusqu’à 20 $ par personne pour visiter l’exposition d’œuvres horticoles. Si les touristes et les gens d’autres villes devront sortir leur portefeuille à chacune de leurs visites, les citoyens gatinois pourront quant à eux se procurer au coût de 15 $ un passeport valide pour toute la saison. Une grille tarifaire détaillée est en cours d’élaboration, mais on sait d’ores et déjà que des tarifs réduits seront offerts aux familles. 

L’événement, qui portera le nom de Mosaïculture Gatineau 2018, s’étalera sur une période de 114 jours, soit du 24 juin au 15 octobre.  

Lors d’un point de presse tenu mardi à l’hôtel de ville de Gatineau, les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé l’octroi d’une aide financière totalisant trois millions $ pour le projet. Québec verse deux millions $, alors qu’Ottawa accorde un million $ à l’événement.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas caché sa satisfaction, affirmant que le retour des Mosaïcultures était essentiel pour profiter du legs de l’an dernier et que le conseil aurait pu se tromper en faisant le pari de « mettre beaucoup d’œufs dans son panier », faisant référence à l’enveloppe de deux millions $ réservée par la Ville l’automne dernier. 

« On a eu une visibilité extraordinaire au Québec, ailleurs au Canada et je dirais même dans le monde. Quand on regarde la revue de presse, ç’a été absolument spectaculaire comme événement. Cette activité-là était particulièrement intéressante pour les familles, et ils en ont profité largement en revenant plusieurs fois. Que l’événement phare de l’an dernier soit de retour, c’était crucial à plusieurs égards. Ç’a contribué à rapprocher les deux rives. Plusieurs centaines de milliers d’Ontariens sont traversés de notre côté de la rivière. C’est un premier pas important pour qu’on intègre un peu mieux les marchés économiques », a-t-il indiqué.

La directrice générale des Mosaïcultures internationales, Lise Cormier, croyait tellement au retour de l’événement en sol gatinois qu’elle a commandé les 5,5 millions de plantes nécessaires avant même de savoir que le financement était coulé dans le béton. Elle a fait pression à maintes reprises sur les députés Maryse Gaudreault et Greg Fergus en janvier parce qu’on ne pouvait se permettre d’attendre plus longtemps, dit-elle. « C’était un gros risque pour nous. On avait des codes : il y a eu le feu jaune, le feu vert, le feu jaune, le feu vert. Mais ç’a n’a jamais été le feu rouge, alors on a pris le risque de commander les plantes », a-t-elle lancé.

L'Arbre aux oiseaux

Lise Cormier soutient que la barre est haute, mais assure que l’exposition, présentée sous le thème « Un voyage merveilleux », sera d’une qualité d’un cran supérieure à l’an passé. Au total, 45 œuvres pourront être contemplées par le public sur le site. Plusieurs seront de retour pour une seconde année, mais certaines auront un nouveau look et le niveau de détail que l’on pourra observer n’a jamais atteint dans le passé. On comptera aussi dix nouvelles œuvres. « D’une édition à l’autre, ça ne peut pas être moins ou égal, ça doit être plus », a-t-elle dit. 

La pièce maîtresse de l’exposition sera L'Arbre aux oiseaux.


Après La Terre Mère, la pièce maîtresse de l’exposition sera cette fois-ci L’Arbre aux oiseaux. Unique sur le globe, celle-ci pèse 100 tonnes et a une hauteur de 16 mètres. La cinquantaine d’espèces d’oiseaux qui composent la sculpture sont toutes en voie d’extinction. L’oiseau le plus lourd, le vautour indien, a un poids de trois tonnes à lui seul. Déjà prête, l’œuvre pourrait être installée dès que les températures printanières seront de la partie.

« Imaginez-vous, c’est comme s’il s’agissait d’un petit éléphant au bout d’une branche. L’Arbre aux oiseaux, c’est la seule sculpture faite en aluminium, car c’est plus léger que l’acier », affirme Mme Cormier.

L’homme qui plantait des arbres, une œuvre développée avec le réalisateur du film du même nom, Frederic Back, sera l’une des autres nouveautés à admirer. Des démonstrations horticoles sont aussi prévues, sans compter que les visiteurs pourront contribuer à une œuvre collective. 

L’an dernier, MosaïCanada 2017 avait attiré 1 316 000 visiteurs, surpassant de loin l’objectif de 800 000 visites. Cette fois, l’organisation souhaite franchir le cap des 500 000 visiteurs. Un objectif « assez conservateur », précise-t-on.

Lise Cormier se dit confiante que la population répondra encore à l’appel malgré l’imposition d’un tarif d’entrée, ajoutant que bon nombre de gens s’étaient déjà dits prêts à débourser pour l’événement et que les Mosaïcultures n’ont de toute façon jamais été offertes gratuitement dans le passé. 

L’exposition d’art horticole avait généré en 2017 des retombées économiques de 28 millions $. Cette année, on estime que les retombées seront légèrement inférieures et avoisineront les 23 millions $.