Les policiers ont ressorti leur pantalon de camouflage.

Le retour des pantalons de camouflage à Gatineau

Les policiers de Gatineau ont laissé leur uniforme au placard. Ils portent plutôt des pantalons de camouflage ou des jeans en signe de protestation contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Cette mesure, mise en place vendredi, sera effective jusqu'à nouvel ordre.
Au cours des derniers jours, des autocollants ont aussi été apposés sur des véhicules de la Ville de Gatineau, sur des voitures de police et des camions de pompier. Les employés municipaux veulent rendre visible leur mécontentement face au projet de loi du gouvernement Couillard.
Les différents syndicats contactés par LeDroit - policiers, pompiers et cols bleus - assurent que d'autres actions sont à venir sans donner plus de détails. Ces mesures seront intensifiées avant le début des travaux de la Commission parlementaire sur le projet de loi 3, prévus à la fin août.
Ils ont ajouté qu'en aucun cas les citoyens ne seront pris en otage lors des moyens de pression.
«On demande une libre négociation. Le projet de loi vient les baliser et on est contre ça. [...] On aura d'autres moyens de pression prochainement pour montrer notre insatisfaction», indique Jean-Pierre Bussière, président de la Fraternité des policiers de Gatineau.
Les pompiers de Gatineau n'ont pas emboîté le pas à leurs collègues policiers en ce qui concerne l'uniforme de travail. Par contre, Stéphane Noël, président de l'Association des pompiers de Gatineau, assure que ses membres joindront le mouvement de protestation avec des mesures particulières. «On est solidaire. On avait déjà des plans avant l'arrivée de la mesure du pantalon de camouflage. Ce sera une belle surprise au mois d'août.»
Ce dernier n'a pas caché son mécontentement face à la tournure que doivent prendre les négociations. «S'il veut nous fourrer (le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin), il faudra qu'il regarde dans sa propre cour. S'il veut revoir notre régime de retraite, le maire doit regarder le sien avant», s'indigne M. Noël.
Le mouvement de contestation se déroule à la grandeur de la province et est mené par la Coalition syndicale pour la libre négociation.
Fortement critiqué par le monde syndical, le projet de loi 3 vise à assurer la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du milieu municipal.