Un promoteur projette de construire un hôtel sur le terrain où est actuellement situé le concessionnaire Casino Acura, non loin du corridor du Rapibus.

Le Rapibus complique la construction de l’hôtel Hampton Inn

Les élus gatinois s’apprêtent, ce mardi, à jouer exactement dans le même film qu’en 2016, alors qu’un débat sur le nombre de cases de stationnement à permettre pour un projet hôtelier situé à proximité du Rapibus, dans le secteur Gatineau, avait enflammé le conseil municipal.

Le promoteur, Jacques Bélanger, le même qu’il y a deux ans, souhaite ériger un hôtel Hampton Inn à l’angle des boulevards du Casino et de la Carrière, où est actuellement situé un concessionnaire automobile. Comme en 2016, il souhaite que son projet estimé à 24 millions $ soit accompagné d’environ 140 cases de stationnement, alors que la réglementation municipale n’en permet qu’une quarantaine en raison de sa proximité avec le Rapibus.

M. Bélanger soutient de nouveau que sans ces espaces de stationnement, point de salut. Un stationnement sous-terrain coûterait trop cher et viendrait miner la rentabilité de son projet, dit-il. Il demande une dérogation mineure qui lui permettrait l’aménagement d’une centaine de cases de stationnement de surface supplémentaires.

Le projet d'hôtel Hampton Inn

En 2016, son projet de l’hôtel Holiday Inn, dans le secteur de place de la Cité, avait divisé le conseil. Les élus d’Action Gatineau (AG), en respect de la réglementation en place, avaient voté contre la dérogation mineure, alors que la totalité des élus indépendants l’avait appuyée.

Le positionnement politique de chacun des élus sur ce nouveau projet sera plus clair en après-midi, mardi, lors du caucus préparatoire au conseil municipal qui suivra en soirée. Le conseiller du centre-ville et élu d’AG, Cédric Tessier, a déjà confirmé qu’il s’opposera à la résolution parrainée par la conseillère Louise Boudrias. Cette dernière peut compter sur l’appui du président du conseil municipal, Daniel Champagne, et s’attend à ce qu’une majorité se range derrière elle.


«  Peut-être que c’est le mauvais projet à la bonne place, ou le bon projet à la mauvaise place.  »
Le conseiller du centre-ville, Cédric Tessier

M. Tessier reconnaît que les clients d’un hôtel se déplacent généralement en voiture. Il concède que la rentabilité du projet sera attaquée si le promoteur doit aménager un stationnement sous-terrain. Il admet que l’endroit est tout désigné pour un hôtel et que Gatineau a besoin d’augmenter son offre en unités d’hébergement. « Le problème c’est que 80 % du terrain sera aménagé en stationnement, dit-il. Notre schéma d’aménagement prévoit une densification à proximité du corridor du Rapibus. Il faut développer ces terrains en pensant pour les 50 à 100 prochaines années. On ne peut pas utiliser du prime land pour en faire du stationnement. Peut-être que c’est le mauvais projet à la bonne place, ou le bon projet à la mauvaise place. Je vais m’opposer à cette résolution. »

Louise Boudrias et Daniel Champagne se désolent que la réglementation n’a pas été modifiée par l’administration depuis le débat de 2016. « Il faut réévaluer notre réglementation à proximité du Rapibus pour être en mesure de répondre aux besoins de ce genre de projet, insiste Mme Boudrias. Si on refuse d’aller de l’avant avec ce projet d’hôtel, on va conserver un concessionnaire automobile avec 200 voitures stationnées sur le même terrain. C’est loin d’être mieux. »

M. Champagne indique qu’il entend revenir à la charge auprès de l’administration pour que la réglementation puisse être modifiée afin que le conseil ne se retrouve pas dans la même situation chaque fois qu’un projet de la sorte est présenté. « Je suis d’accord avec le principe de densifier le long du Rapibus, mais il faut réglementer les exceptions », dit-il.

Le promoteur Jacques Bélanger se dit confiant pour la suite des choses et rappelle qu’il a l’appui de l’administration, du Comité consultatif d’urbanisme et une lettre de recommandation de Tourisme Outaouais. « Ce projet contribuera à élever l’offre de Gatineau à son plein potentiel comme porte d’entrée du Québec et de mieux positionner la région comme destination de choix pour attirer des événements d’envergure », stipule la lettre dont nous avons obtenu copie.