Les rues de Gatineau sont en piteux état.

Le quart des rues de Gatineau dans un état lamentable

Le portrait du réseau routier de Gatineau se dégrade à vue d'oeil depuis quelques années, à tel point que certains élus réclament que la taxe dédiée aux infrastructures passe de 1 à 2 %. Selon un rapport dévoilé mardi, 27 % des 1 337 km de rues sur l'ensemble du territoire sont d'une qualité inférieure au seuil minimal requis.
De 2005 à 2011, l'étendue couverte par les tronçons dans un piteux état a quasi doublé, passant de 195 à 356 km.
Les rues collectrices sont dans un piteux état, puisque près d'une sur deux (44 %) ne répondent pas aux critères exigés. À titre d'exemple, la rue du Barry, dans le secteur Gatineau, obtient tout juste la note de passage.
Les artères, qui incluent entre autres les boulevards, ne s'en tirent guère mieux. L'état de la chaussée de la rue Laurier, dans le secteur Hull, fait entre autres mauvaise figure.
Parmi les 500 pires segments répertoriés sur le territoire, les rues du Vieux-Aylmer, de l'Île de Hull, du Vieux-Gatineau et du Vieux-Buckingham sont les plus ciblées.
Les coûts de réparation des 356 km de rues requérant les travaux les plus urgents sont estimés à 350 millions $.
De plus, selon les données présentées par le Service des infrastructures, 8 % du réseau d'aqueduc et d'égouts a atteint sa fin de vie utile.
Pour le conseiller du district de Touraine, Denis Tassé, l'occasion est idéale pour ramener au coeur des discussions le scénario d'une hausse de la taxe dédiée aux infrastructures.
« Je ne peux pas imaginer dans quelle situation on se retrouvera dans cinq ans. Dans un sondage (NDLR : Léger Marketing en 2011), on avait demandé aux citoyens s'ils étaient prêts à payer une taxe dédiée aux infrastructures de 2 % pendant dix ans et les deux tiers (64 %) avaient dit oui. J'espère que le conseil aura la grande sagesse d'augmenter cette taxe, car si on ne le fait pas, on aura un sérieux problème », a-t-il lancé.
Batailles fondamentales
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin ne s'oppose pas à ce scénario, mais précise qu'une telle augmentation ne rapportera que trois millions et demi dans les coffres municipaux, alors que les besoins avoisinent la barre des 100 millions $. Le chef d'Action Gatineau en profite donc pour taper à nouveau sur le clou de la diversification des revenus des villes, par exemple avec l'octroi d'une partie des revenus de la TVQ.
« Je ne veux pas faire toutes les discussions du mandat au cours de la même semaine, mais oui au prochain budget ça en fera partie. On a un problème majeur d'infrastructures et je suis convaincu qu'on ne peut le régler seul. C'est 40 ans de négligence, on ne réglera pas ça en cinq ou six ans, ça va nécessiter l'aide de Québec et d'Ottawa. Pour moi, ce sont des batailles fondamentales », affirme-t-il.