Le promoteur du 22 rue Principale songe à poursuivre la Ville

La Ville de Gatineau a «réveillé la bête» en Denis Cléroux, au point où le promoteur du 22 rue Principale envisage de déposer une poursuite de «plusieurs millions de dollars» contre la municipalité.

Après avoir refusé de commenter les développements survenus au conseil municipal de mardi, le promoteur Denis Cléroux n’a pas mâché ses mots, vendredi, à l’endroit des dix élus s’étant prononcés contre son projet immobilier lors d’un vote indicatif. «Les gens d’Action Gatineau et les autres, [la] gang de ‘moukmouks’ [...] veulent essayer de me faire changer les plans encore, [...] bien je ne change plus rien, a-t-il lancé en entrevue. [...] J’en ai plein mon casque.»

M. Cléroux affirme que des discussions sont déjà en cours avec ses avocats dans le but de déposer une poursuite, dont le montant pourrait «frôler plusieurs millions de dollars».

Le promoteur, qui souhaite ériger un immeuble de quatre étages comptant 13 condominiums pour lequel il a déjà investi «une couple de 100 000$ dans son projet», ne digère pas qu’une majorité d’élus soient allés à l’encontre de la recommandation des services municipaux et du comité consultatif d’urbanisme. Outre les membres d’Action Gatineau, les trois conseillers du secteur Aylmer se sont opposés à l’octroi d’une dérogation mineure nécessaire à la réalisation du projet.

Après le vote indicatif de mardi, la conseillère du quartier, Audrey Bureau, a convaincu ses collèges de retirer le sujet de l’ordre du jour de la réunion du conseil municipal pour laisser le temps au promoteur d’apporter des changements pouvant permettre d’en arriver à quelque chose qui puisse satisfaire autant M. Cléroux que les citoyens souhaitant défendre le patrimoine du secteur.

Il semble toutefois que ce soit trop peu, trop tard pour Denis Cléroux. «Je pense qu’elle a réveillé un monstre. [...] Ça fait quatre ans que j’attends, dit-il. Ça ne me dérange pas, je vais clôturer le terrain et je vais mettre des belles, belles grosses pancartes [...], ça va faire de la maudite belle publicité qui va circuler en masse.» De telles pancartes parleraient de l’éventuelle poursuite contre la Ville, mais viseraient aussi directement les citoyens «qui causent des problèmes» au promoteur.