Le projet Bloome, tel que proposé par le groupe Kevlar, est en danger.
Le projet Bloome, tel que proposé par le groupe Kevlar, est en danger.

Le projet immobilier Bloome en danger

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Des résidents qui tiennent avant tout à conserver leur vue pourraient bloquer un projet domiciliaire d’environ 400 unités de logement en plein cœur du boulevard Saint-Joseph.

Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, a fait savoir, mardi, que le projet Bloome tel que proposé par le groupe Kevlar, sur l’immense terrain vague depuis des années à l’angle des boulevards Saint-Joseph et Montclair est en danger. « Il y a eu une demande d’ouverture de registre qui a été déposée le mois dernier pour ce projet, a-t-il dit. Il y aura registre dans deux semaines. »

Sur les 148 personnes habilitées à voter dans ce contexte et dans cette zone, 26 sont nécessaires pour bloquer le projet de trois bâtiments de 10, 17 et 30 étages, ou encore pour mener à l’ouverture d’un référendum. La demande a été faite par le syndicat de copropriété de l’immeuble Blackburn situé à proximité. 

« Les arguments que j’ai entendus c’est plus par rapport à la vue qui serait bloquée par le projet pour certains résidents d’une tour d’habitation, a noté M. Tessier. Pour moi, ce ne sont pas des arguments satisfaisants qui peuvent me faire changer d’idée dans ce projet. » M. Tessier a expliqué avoir tenté d’organiser une rencontre avec le promoteur et les résidents. « Le syndicat de copropriété m’a refusé cette rencontre », dit-il.  

Le promoteur n’en revient pas

Le président du groupe Kevlar, René Bellerive n’en revient tout simplement pas. « Ça fait 25 ans que je fais du développement immobilier, j’en ai fait partout au Québec, et jamais je n’ai fait face à une fermeture aussi complète de la part de citoyens, ils refusent complètement de discuter avec moi, c’est complètement surprenant. »

Ce dernier affirme qu’à part un couple de résidents de l’immeuble Blackburn, tout le monde présent à la consultation publique était en faveur de son projet. « Ils ont réussi à mobiliser une quarantaine de personnes dans l’immeuble pour s’opposer au projet, dit-il. Ils disent qu’ils ne veulent pas perdre leur vue sur la fontaine du Casino du Lac-Leamy. À quarante personnes contre mon projet, c’est certain que je perds au registre et que mon projet est bloqué. »

Compromis

M. Bellerive affirme être prêt à faire des compromis pour que les opposants acceptent son projet. « Ma tour de 30 étages pourrait devenir une tour de 15 étages, et celle de 17 étages pourrait être réduite à 13, mentionne-t-il. Je ne sais pas. Il faut que je puisse discuter avec ces gens, mais ils refusent complètement. Je ne m’attendais pas à ce qu’un couple d’opposants arrivent à mobiliser des gens pour bloquer un projet de plus de 100 millions $ pour construire environ 350 logements locatifs. »

Le conseiller Tessier rappelle que ces citoyens sont dans leurs droits en exigeant l’ouverture d’un registre. « Que je sois d’accord ou pas, c’est légitime, ils ont le droit de la faire, dit-il. J’espère que les gens n’iront pas le signer et s’ils décident de la faire, j’espère que le promoteur va accepter de se rasseoir à la table pour trouver un autre projet. »