Le prix de la PME de l’année remis à la Maison de la Cutlture par la Chambre de commerce de Gatineau a soulevé l’ire de la conseillère Louise Boudrias.

Le prix Excelor remis à la Maison de la culture fait des vagues

La conseillère municipale Louise Boudrias tente de susciter un débat politique avec le Prix Excelor remis, samedi, par la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) à la Maison de la culture qui s’est distinguée comme PME de l’année. La manœuvre en surprend plusieurs et déçoit amèrement le président de l’entreprise culturelle phare de la région, Claude Beaulieu.

Selon la conseillère, la Ville de Gatineau devrait empêcher la Maison de la culture de présenter sa candidature pour des prix qui servent avant tout à honorer « des gens d’affaires qui prennent des risques avec leur propre argent ». Mme Boudrias a affirmé au Droit qu’elle souhaite en faire un débat à la table du conseil municipal. Le président du conseil, Daniel Champagne, bien que pas du tout convaincu par les arguments de sa collègue, a précisé que la discussion pourra avoir lieu, en public, en début d’année. La présidente de la commission des arts et de la culture, Isabelle N. Miron, est aussi d’avis que sa collègue au conseil tente de soulever « un non-enjeu ».

« J’ai eu des conversations avec des gens d’affaires qui m’ont exprimé un malaise par rapport au prix remis à la Maison de la culture, indique Mme Boudrias. C’est une organisation dont les employés sont payés par la Ville et qui reçoit beaucoup d’argent public. Selon moi, elle n’a pas d’affaire dans la catégorie PME de l’année. Je reconnais que la Maison de la culture est un joyau pour Gatineau, mais il y a d’autres endroits où elle peut obtenir de la reconnaissance. »

Mme Boudrias fait cependant erreur lorsqu’elle affirme que les employés de la Maison de la culture sont payés par la Ville. Dans les faits, seul le directeur général, Steve Fournier, reçoit son salaire de la Ville. Plus de 90 % du financement de la Maison de la culture est autonome et provient de la vente de billets et de divers partenariats.

« Un mauvais perdant »

La Maison de la culture était en nomination avec le Holiday Inn Express de Gatineau, une entreprise menée par l’homme d’affaires Jacques Bélanger. Mme Boudrias avait vivement milité au conseil, lors du dernier mandat, pour que ce dernier puisse obtenir un nombre de cases de stationnement supérieur à ce que la réglementation municipale proposait dans le secteur de la Cité. Elle avait fait de même pour un autre projet d’hôtel du même promoteur sur le boulevard de la Carrière plus tôt cette année.

« Selon moi, un mauvais perdant qui n’était pas content a contacté Mme Boudrias et là, elle lance ce débat, a affirmé Claude Beaulieu. Nous sommes une entreprise autonome. Ce débat n’a rien à faire à la table du conseil. Il ne revient pas aux élus de décider pour quels prix nous pouvons postuler. Ce prix nous a été remis pour la qualité de notre gestion et notre performance. Nous avons travaillé très fort pour ça. Je trouve très dommage de vouloir mettre du négatif là-dedans. »

Contacté par Le Droit, Jacques Bélanger a confirmé avoir interpellé Mme Boudrias pour lui faire part de son mécontentement dans ce dossier.

« La Maison de la culture ne devrait pas être dans cette catégorie, dit-il. Ça n’a pas d’allure. C’est comme si la Ville de Gatineau se mettait en compétition contre ses gens d’affaires et ses payeurs de taxes. Je ne devrais pas être en compétition avec une entreprise qui existe grâce à des subventions de la Ville de Gatineau. »

Le malaise de la CCG face au débat est évident, d’abord parce que la Maison de la culture est membre de la Chambre, et ensuite parce qu’elle répondait à l’ensemble des critères de sa catégorie.

La directrice générale de la CCG, Anne-Marie Proulx, a indiqué au Droit prendre acte de l’opinion de Mme Boudrias.

Elle ajoute que la CCG cherche toujours à peaufiner les critères de sélection ainsi que ses catégories de Prix Excelor et qu’elle continuera à le faire. Contrairement à Mme Boudrias qui affirme avoir été interpellée par des gens d’affaires mécontents à la suite de la victoire de la Maison de la culture, la CCG précise n’avoir reçu aucune plainte à ce sujet.