La ministre Marie-Eve Proulx remet en question les pôles d’innovation au Québec, dont celui de l’Outaouais.

Le pôle d’innovation de l’Outaouais dans le brouillard

L’organisme sélectionné par l’ancien gouvernement libéral comme pôle régional d’innovation, le Cilex, est dans le brouillard le plus complet depuis l’élection de la Coalition avenir Québec à l’automne. Aucune somme n’a d’ailleurs été versée par Québec pour financer les travaux du pôle d’innovation de l’Outaouais depuis sa création officielle, en août dernier.

Le gouvernement caquiste et la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, remettent actuellement en question l’avenir même de ces organismes créés par l’ancien gouvernement.

Mme Proulx rencontrera chacun des 18 pôles régionaux au cours des prochaines semaines dans le cadre de sa tournée provinciale de consultation sur le Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022.

Le directeur général de la Coopérative de développement régional de l’Outaouais-Laurentides (CDROL), Patrick Duguay, a participé activement à la création du pôle d’innovation régional de l’Outaouais. Il reconnaît la pertinence pour le gouvernement de vouloir revoir ce modèle.

« Les régions ont eu environ deux mois pour soumettre un projet en 2018, dit-il. Il y avait une échéance électorale grossière. Le projet de l’Outaouais fonctionne bien et a obtenu l’unanimité, mais dans certaines régions, le gouvernement est devant des projets mal fignolés dont certains ont carrément provoqué de la grogne. Il y a certainement des ajustements à faire et c’est raisonnable pour le gouvernement de vouloir prendre un peu de temps. »

Le gouvernement libéral avait annoncé l’investissement de 32 millions $ pour soutenir la création et la mise en œuvre des pôles régionaux d’innovation et de son réseau national. Ils doivent constituer un lieu de convergence favorisant l’entrepreneuriat, la créativité et l’innovation dans le but de stimuler la collaboration entre les différents acteurs socio-économiques.

Celui de l’Outaouais, avec ses antennes dans chaque MRC de la région, doit se concentrer sur l’agroalimentaire, l’industrie forestière, la culture, le tourisme et le secteur manufacturier et des technologies.

« On n’a reçu aucun message officiel de la part du gouvernement voulant qu’il faille cesser nos activités, alors on continue nos travaux, explique Alan Bernardi, président-directeur général du Cilex. Aucune somme n’a encore été versée, mais en théorie on doit être payé. J’ai confiance que le gouvernement va honorer ses engagements, peu importe l’avenir qu’il réserve au pôle d’innovation. »

Le premier mandat du Cilex était de livrer une évaluation des besoins en innovation dans la région afin de trouver les meilleurs services à offrir aux entreprises de la région. Les travaux se poursuivent et l’étude doit être terminée en mai prochain.

« Je suis confiant que le projet développé ici est mobilisateur, a ajouté M. Bernardi. Il a reçu le support de toutes les MRC, de la Ville de Gatineau et de pratiquement l’ensemble des acteurs économiques de la région. »