Gilles Desjardins, président de Brigil, a fait part de ses inquiétudes sur l’avenir économique de Gatineau à la Chambre de commerce.

Le patron de Brigil s’inquiète

La baisse des mises en chantier à Gatineau inquiète le président et fondateur de Brigil, Gilles Desjardins, qui dit craindre pour l’avenir économique de la ville si des solutions ne sont pas dénichées dans le but de favoriser l’attractivité de la municipalité.

Dans une lettre acheminée mercredi aux gouverneurs de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) et dont Le Droit a obtenu copie, M. Desjardins se dit « interpellé » autant par les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) que par le rapport soumis par la firme Aviséo et le constat sur l’augmentation de la richesse foncière de la ville de Gatineau qu’a publié Radio-Canada en octobre dernier.

Radio-Canada rapportait notamment l’automne dernier que la richesse foncière à Gatineau était passée de 34,7 milliards à 37,1 milliards de dollars depuis 2014, ce qui représente la plus petite hausse enregistrée au cours de la dernière décennie.

« Comment expliquer cela ? Comment expliquer cette disparité entre Gatineau et Ottawa dans le pourcentage d’augmentation de sa population ? À ce titre, la firme Aviséo indiquait dans son rapport du 26 septembre 2017 que ‘’la population de la ville de Gatineau entre 2011 et 2016 a connu une hausse d’à peine 4 %’’ ce qui est nettement inférieur à la moyenne canadienne. Durant la même période, la ville d’Ottawa a connu une hausse de près de 6 %. Comment expliquer, suivant la même étude, la perte migratoire des ménages Gatinois (sic) vers la rive Ontarienne (sic) (-2100 citoyens entre 2015-2016) ? », s’interroge M. Desjardins.

À ces statistiques s’ajoutent les mises en chantier d’habitations qui ont diminué de 54 % entre 2008 et 2017, fait valoir l’homme d’affaires. Avec les chiffres de la SCHL à l’appui, M Desjardins avance que le nombre de mises en chantier est en diminution constante depuis dix ans, sur le territoire de la Ville de Gatineau. La SCHL rapportait en 2008 3304 nouvelles constructions aux quatre coins de la municipalité. Ce nombre a atteint 1502 en 2017.

« Cette diminution de 1530 nouvelles mises en chantier représente une perte sèche et récurrente de plusieurs millions de dollars en investissements et nouveaux revenus fonciers, droit de mutations (sic) et achats en biens et services. Elle représente de plus, une perte de milliers d’emplois direct et indirect dans le domaine de la construction et des biens et services. L’ensemble des sommes que représente ce manque à gagner dans notre économie locale est énorme et ne sera jamais réinjecter (sic) dans celle-ci. Il est donc urgent de s’y attarder », écrit le promoteur.

Cette missive fait surface alors que Brigil a annoncé plus tôt cette semaine que son méga projet de 1,7 milliard $, prévu dans le secteur Aylmer, le quartier Ambassade Champlain, avait obtenu le feu vert du conseil municipal de Gatineau. La mise en chantier de ce site de 46 hectares doit débuter à l’été 2018. À terme, ledit village urbain, qui sera érigé sur une ancienne propriété de la Commission de la capitale nationale acquise en 2001, devrait générer plus de 30 millions en retombés de taxes foncières pour la Ville, selon Brigil.