Les ruines de la centrale de la Deschênes Electric Company sur les rapides Deschênes à Aylmer.

Le MTQ ne souhaite plus démolir les ruines des rapides Deschênes

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) met sur la glace son projet de démolition des ruines des rapides Deschênes, a appris Le Droit.
Le député du Pontiac, André Fortin, confirme que des représentants du MTQ ont récemment rencontré des représentants d'associations de kayakistes et que le projet proposé par ces derniers pour la mise en valeur du site et l'amélioration de la sécurité dans le secteur est suffisamment intéressant pour mettre un frein à la démolition des vestiges. 
« On sait aussi que la Ville de Gatineau a mis de l'argent de côté pour aménager les berges dans ce secteur et pour sécuriser l'accès au site, note M. Fortin. Plusieurs autres discussions devront avoir lieu dans ce dossier, mais il est clair qu'il faut donner une chance à ce projet de mise en valeur. »
Ce dernier s'est aussi dit heureux d'avoir la confirmation du maire Maxime Pedneaud-Jobin que les ruines du barrage des rapides Deschênes ne sont pas en cause autant que les rapides elles-mêmes dans la série d'incidents survenus sur le site depuis l'été 2008.  
M. Fortin avait remis en question, au début mars, la fiabilité des données véhiculées par les services de sécurité de Gatineau sur les incidents ayant eu lieu à cet endroit de la rivière des Outaouais. Il souhaitait qu'on lui précise si les ruines avaient eu un rôle à jouer dans la mort ou les blessures des 13 victimes répertoriées. C'est sur la base de ces incidents que le directeur du service de sécurité incendie de Gatineau était intervenu auprès du ministère des Transports du Québec pour demander la démolition des ruines.  
« Je vous confirme que l'ensemble des interventions a eu lieu dans les rapides Deschênes et non pas sur la structure du barrage en question », a écrit le maire dans une lettre envoyée au député du Pontiac, le 7 avril dernier. 
Les données exactes transmises par le maire font état de sept événements survenus aux rapides Deschênes qui ont fait 13 victimes entre août 2008 et juin 2014. Un seul décès a été officiellement confirmé après qu'une embarcation pneumatique a chaviré il y a trois ans. Cinq autres personnes, dont la rivière n'a jamais rendu les corps, ont été déclarées disparues entre 2009 et 2012. 
Le maire Pedneaud-Jobin ajoute que dix autres interventions où des victimes ont été récupérées par les services de sécurité incendie d'Ottawa ont eu lieu. La Ville de Gatineau n'est toutefois pas en mesure de connaître la nature des blessures ou le nombre de décès liés à ces interventions. 
Reproches au MTQ
Des démarches ont été entreprises pour que les ruines obtiennent une citation patrimoniale de la Ville, note le maire de Gatineau. Ce dernier se permet d'ajouter une remontrance au MTQ qui a complètement négligé ces lieux depuis des décennies.
« Je tiens à souligner au gouvernent du Québec, comme nous le faisons avec tous les propriétaires de biens ayant une valeur patrimoniale, que l'absence de citation par la Ville n'est pas une excuse, pour un propriétaire, de négliger son bien ou d'en proposer la démolition, écrit-il. La préservation du patrimoine est l'affaire de tous. »