L’immeuble en démolition renfermait une immense machine à papier qui aurait été vendue à une firme suédoise au moment de la fermeture de l’usine par Domtar à la fin des années 1990.

Le monstre au sol

L’agonie de l’immeuble industriel qui fait office de mur depuis des décennies entre le centre-ville de Gatineau et la rivière des Outaouais croule tranquillement sous le pic des démolisseurs. Il aura complètement disparu d’ici le début de l’automne.

«Enfin, les gens vont voir ce qui est en train de se passer à Zibi», lance Jeff Westeinde. Ce dernier annonce d’ailleurs que Dream/Theia accélèrent les investissements dans le projet afin de réaliser plus rapidement les travaux pour l’installation des utilités publiques et toutes les infrastructures souterraines. « Nous aurons terminé cet automne, dit-il. La table sera mise. Nous pourrons construire pratiquement partout sur cette partie du site. »

L’immeuble en démolition renfermait une immense machine à papier qui aurait été vendue à une firme suédoise au moment de la fermeture de l’usine par Domtar à la fin des années 1990. Il a été construit dans les années 1950, selon les normes de l’époque. « Il n’y a rien à protéger là, note l’historienne-conseil Michelle Guitard qui a étudié en détail tout le site industriel. Les bâtiments qui ont une valeur et qui sont protégés sont de l’autre côté de la rue Eddy. »

Dream/Theia poursuit en même temps la décontamination du site. M. Westeinde croit que 60 % du terrain aura été décontaminé à l’automne. La Ville de Gatineau a offert une somme de 11 millions $ pour appuyer Dream/Theia dans ce travail. « On fait présentement une étude de nos coûts, indique le promoteur. On est dans l’une des plus importantes phases du projet. ». Dream/Theia ne confirme pas si elle devra demander plus d’argent de la Ville de Gatineau pour finaliser le travail, mais M. Westeinde assure qu’il demandera une extension des cinq ou six ans du programme municipal qui vient à échéance en 2020.

La maison de Ruggels Wright retrouvée

Impossible d’amorcer la démolition d’un site comme celui de Zibi, foulé depuis des milliers d’années par l’homme, et occupé depuis plus d’un siècle par les machines, sans d’abord faire quelques fouilles archéologiques. Les travaux de recherche ont eu lieu il y a environ deux ans.

Trois zones plus sensibles ont été identifiées par les archéologues, explique Jeff Westeinde. Elles avaient toutes un potentiel pour la découverte d’artefacts industriels. Les archéologues ont aussi trouvé, comme ils s’y attendaient, les fondations de la maison de Ruggles Wright, le fil du fondateur de la ville de Hull, Philemon Wright.

« Nous avons pris toutes les mesures pour que ce qui était là puisse être conservé », dit-il. M. Westeinde ajoute que tous les artefacts trouvés sur le site sont de nature industrielle.

L’absence d’artefact autochtone n’est pas surprenante, ajoute le promoteur puisque l’endroit était jadis souvent inondé, et que le lieu de prédilection pour s’arrêter avant l’infranchissable chute des Chaudières, était le secteur qui accueille aujourd’hui le Musée canadien de l’histoire où une plage de sable permettait des débarquements beaucoup plus faciles.