Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin et le président du syndicat des cols blancs Marc Demers ont signé le contrat de travail.

«Le meilleur salarié dans la meilleure chaise»

Les cols blancs négociaient leur nouveau contrat de travail avec la Ville de Gatineau depuis avril 2015, mais c’est en janvier dernier que tout a débloqué, moins de trois mois après que le syndicat ait abandonné son indépendance dans le tumulte pour joindre les rangs du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Gatineau et ses cols blancs n’arrivaient pas à s’entendre sur la mécanique entourant la dotation des postes. L’ancienneté était seule à régner et la Ville n’avait aucune intention de signer un contrat de travail sans obtenir une concession de la part du syndicat à ce chapitre. L’objectif de la Ville était d’abord d’avoir la meilleure personne dans le bon poste.

« On a changé la façon de faire la dotation, a expliqué le président du syndicat des cols blancs, Marc Demers. On se rapproche beaucoup du meilleur pour la Ville, du meilleur salarié dans la meilleure chaise. Les parties ont mis de l’eau dans leur vin et on est arrivé à une solution gagnante-gagnante pour améliorer le service aux citoyens. L’ancienneté compte toujours, mais après avoir répondu aux exigences du poste. »

C’est d’abord le syndicat qui a proposé un nouvel aménagement à la table des négociations. « Les équipes ont travaillé pour en arriver à une mécanique qui donne plus d’importance aux compétences sans enfreindre le principe de l’ancienneté, on a réussi à le faire », s’est réjoui le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

La nouvelle convention collective des cols blancs comprend des hausses de salaire annuelles de 2 %, comme toutes les autres unités syndicales de la Ville. Le contrat de travail sera en vigueur jusqu’en 2022. Elle offre des gains à l’employeur pour offrir un meilleur service aux citoyens, notamment pendant les heures de dîner et pendant les congés.

MM Demers et Pedneaud-Jobin ont tous deux souligné que ce nouveau contrat de travail représentait un virage important entre les deux parties. Pour Marc Demers, qui quittera son poste sous peu, c’est la nouvelle affiliation avec le SCFP qui permet de tourner la page. « C’est une autre philosophie, dit-il. L’approche des relations de travail s’en trouve pas mal améliorée. »

Le maire Pedneaud-Jobin a souligné que l’ancienne façon de faire misait beaucoup sur la judiciarisation des dossiers en litige. « J’ai hâte de constater la baisse des frais juridiques de part et d’autre, a-t-il lancé. On était dans une relation ou ce sont des avocats qui se parlent. Ça coûte cher à tout le monde. Entre employés et employeurs, on peut se parler. Les blancs, nous les croisons tous les jours. Je préfère avoir des employés qui ont l’occasion de s’exprimer et avec qui nous pouvons régler des différends. »

La grande paix syndicale de Gatineau

La signature de la convention collective des cols blancs, mercredi, vient compléter tout le cycle de négociation. Toutes les grandes unités syndicales de la Ville ont une entente en main, signée pour plusieurs années. Une première depuis la fusion. Jamais l’administration n’était parvenue à s’offrir ce luxe. 

« Tout ça s’est fait dans un contexte assez difficile avec la loi sur les relations de travail et la loi sur les régimes de retraite, a souligné le maire Pedneaud-Jobin. On touchait à des choses importantes pour l’employeur et pour le personnel. On a quand même réussi à négocier huit ententes avec nos unités syndicales. Cette fin de cycle représente quelque chose d’extrêmement positif pour l’avenir. Nous avons atteint des objectifs qui n’avaient jamais été atteints. C’est venu avec beaucoup de bonne volonté, mais surtout avec beaucoup de travail des négociateurs syndicaux et patronaux et de la direction générale. C’est une volonté théorique du conseil depuis bien des années qui se concrétise aujourd’hui. »

Le maire a rappelé qu’à son arrivée en poste, en 2013, il avait annoncé vouloir apporter un changement dans les relations de travail à la Ville. 

« La direction générale a fait des choses qui n’avaient jamais été faites à Gatineau. Le gain le plus important c’est d’avoir pu établir des relations de travail plus positives et constructives. On ne cachera pas qu’avec les pompiers, les policiers et les cols blancs, ce fut traditionnellement plutôt difficile et je pense qu’on a tourné la page sur cette période difficile. Des relations de travail ça va toujours demeurer complexe, mais on a démontré que ça peut se faire dans le respect, le dialogue et dans l’intérêt ultime des citoyens. »

Au début du cycle de négociation, le maire Pedneaud-Jobin affirmait aussi vouloir briser la spirale inflationniste des salaires causée par la concurrence du gouvernement fédéral. Il affirme du bout des lèvres avoir réussi, mais ajoute que « c’est plus compliqué que ça ». La concurrence du fédéral ne disparaîtra pas. Le contexte de pénurie de main-d’œuvre est bien réel. « Cette spirale-là ne n’arrêtera jamais complètement, mais je dirais qu’on fait un pas important », a-t-il dit.

La Ville doit bientôt reprendre le chemin de la négociation avec les employés occasionnels, les brigadiers et les employés du secteur aquatique.