Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.

Le maire réagit: «les communications ne se font pas à 19»

Les propos de la conseillère Sylvie Goneau rapportés dans notre édition d'hier n'ébranlent en rien le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Il persiste et signe en affirmant que sa sortie publique pour réclamer l'obtention d'un siège au conseil d'administration de la Commission de la capitale nationale (CCN) n'avait rien de cavalière et que la consultation des élus au préalable n'était pas impérative.
«C'est un choix qu'un maire fait à chaque prise de position. Il y a des dossiers où on doit y aller. Dans le cas de la CCN, c'est très clairement dans le domaine traditionnel de la position de la Ville de Gatineau, je dirais même de l'ancienne Ville de Hull. Il faut nous donner une plus grande place dans les instances de la CCN. Je ne suis donc absolument pas mal à l'aise de ne pas avoir consulté le conseil», réplique-t-il, concédant que certaines situations plus sensibles nécessitent parfois de prendre le pouls des conseillers municipaux.
«En même temps, le maire est le leader politique de la ville. Il a une job à faire. Les communications de la Ville ne se font pas à 19, ni les stratégies avec nos partenaires, sinon on ne parlera jamais d'une voix forte. Moi et M. Watson avons décidé que c'était la façon de faire la plus intéressante, entre autres car on ne peut faire abstraction de l'histoire. L'histoire, c'est que les relations avec la CCN sont lourdes et complexes. Si on a décidé d'écrire directement au premier ministre, il y a des raisons», a martelé M. Pedneaud-Jobin.
Se tenant à l'écart lors de l'entrevue avec le maire, le président du conseil municipal et conseiller du district du Versant, Daniel Champagne, a tenu à ajouter son grain de sel dans cette affaire, se disant complètement à l'aise avec la méthode privilégiée pour faire front commun contre la CCN.
«C'est clair qu'il y a un certain nombre de dossiers pour lesquels le maire a l'obligation de nous consulter, de toute évidence, par exemple un dossier chaud comme celui de la Charte de la laïcité. Par contre, ma position est très claire: le maire a été élu au suffrage universel, alors il a non seulement le droit mais l'obligation de parler au nom de la Ville et des citoyens. (...) Il a l'imputabilité de le faire», a-t-il confié.
À son avis, le premier magistrat de la municipalité n'a pas l'obligation de prendre le pouls des élus autour de la table, même s'il avoue qu'il n'est pas toujours simple de trancher.
Dans ce dossier, autant le président de la CCN Russell Mills que le ministre fédéral responsable de la région, John Baird, ont émis une fin de non-recevoir à la requête des maires Pedneaud-Jobin et Watson.