Le cabinet du maire Pedneaud-Jobin devra refaire ses devoirs s’il souhaite que le conseil municipal s’entende sur un programme commun pour les quatre prochaines années.

Le maire doit refaire ses devoirs

Le cabinet du maire devra, selon toute vraisemblance, refaire ses devoirs s’il souhaite que le conseil municipal s’entende sur un programme commun pour les quatre prochaines années.

« Dans la forme actuelle, on ne s’en sortira jamais », lance le président du conseil, Daniel Champagne, responsable de piloter l’exercice avec le conseiller Cédric Tessier. « J’ai déjà manifesté mes préoccupations, ajoute-t-il. Il faut éviter de tomber dans le fin détail tout de suite. Il faut élever l’exercice d’un niveau. Le conseil doit s’entendre sur des grandes lignes suffisamment précises pour que la population sache quel genre de conseil nous formerons, mais nous ne pouvons pas débattre des détails immédiatement. »

Le document contenant plus de 170 propositions présenté aux membres du conseil pour la réflexion préalable au débat public qui aura lieu dans les prochaines semaines est en réalité un copier-coller du programme défendu par le maire Maxime Pedneaud-Jobin, explique son attachée de presse, Laurence Gillot. Les propositions des élus indépendants doivent  éventuellement être ajoutées au document qui servira de base officielle de discussion.
Cette formule est cependant loin de faire l’unanimité autour de la table du conseil. Plusieurs critiquent le niveau de détail et craignent d’être piégés par le libellé de certaines propositions faites par l’administration Pedneaud-Jobin. Il apparaît évident que plusieurs élus indépendants n’ont pas du tout l’intention de débattre d’un programme du conseil dont les propositions seraient basées sur les libellés utilisés par Action Gatineau. « C’est rempli de clauses pour nous faire dire oui à des propositions qu’on ne veut pas, affirme le conseiller Jean-François LeBlanc. On ne peut pas accepter de débattre sur ce document dans sa forme actuelle. J’ai voté contre le budget parce que je n’arrivais pas à me retrouver dans ce qui était proposé. Là, on parle d’un programme qui deviendra l’outil du conseil pour quatre ans. Il est important que les indépendants puissent y ajouter leur couleur. »

La conseillère Louise Boudrias salue le changement de cap souhaité par le président du conseil dans le cadre de l’exercice à venir. « On n’arrivera à rien avec la formule actuelle, dit-elle. On me dit qu’il y a du travail qui est en train de se faire pour que le conseil soit en mesure de se prononcer sur des grands principes plus susceptibles de faire l’unanimité que les propositions détaillées faites par le maire. »

Quelques exemples de propositions

• Même si la Ville vient d’octroyer un contrat de 250 000 $ à la Chaire de recherche en valorisation des matières résiduelles de la Polytechnique de Montréal pour l’aider à définir comment mieux gérer ses déchets ultimes dans l’avenir, le cabinet du maire propose au conseil d’« amorcer une réflexion pour l’implantation d’une usine de biométhanisation ». 

• La première étude sur le futur lien rapide de transport en commun vers l’ouest n’a toujours pas été publiée. Les résultats de la consultation publique faite par la Société de transport de l’Outaouais (STO) demeurent toujours secrets pour l’instant. Une deuxième étude doit aussi être réalisée. Néanmoins, l’administration Pedneaud-Jobin souhaite voir le conseil s’entendre pour « favoriser le corridor Taché-Chemin d’Aylmer pour l’implantation du système sur rails » dès maintenant. 

• « Freiner l’étalement urbain […] en donnant clairement la priorité au redéveloppement et à la densification. »

• « Lancer le processus de planification pour l’implantation d’un centre culturel incluant une bibliothèque centrale au centre-ville. »

• « Développer et mettre en oeuvre des plans particuliers d’urbanisme pour les principaux noyaux urbains, axes commerciaux et anciens centres-villes prévoyant l’inclusion d’incitatifs pour l’établissement de nouvelles familles. »

• « Contrer l’ouverture de nouveaux commerces offrant de la malbouffe autour des écoles primaires et secondaires. »

• « Remplacer une partie du sel de déglaçage par du sable et évaluer la diminution générale de l’épandage de produits de déglaçage. »