Le conseiller Jocelyn Blondin accuse le maire de « mépris ».

Le maire cherche à «détruire des réputations», accuse Blondin

Après la conseillère Louise Boudrias, lundi, c’est au tour de Jocelyn Blondin de s’attaquer au maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qu’il accuse de mépris et d’avoir « planifié une campagne de relation publique pour détruire la réputation » de la présidente de la commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Johanne Légaré.

Dans une lettre envoyée vendredi dernier à tous les commissaires et à tous les membres des conseils d’établissement de la CSPO, et aux médias mardi, M. Blondin reproche au maire d’avoir voulu « miner la crédibilité » de Mme Légaré dans une lettre que ce dernier avait fait parvenir à la CSPO le 23 mars dernier. 

Le maire reprochait à Mme Légaré sa sortie publique dans le dossier de l’acquisition du terrain pour la nouvelle école 036 dans le secteur du Plateau. 

« Au lieu d’utiliser les médias pour se déresponsabiliser, madame Légaré aurait dû vérifier les faits avec son équipe de direction, puis prendre le téléphone pour nous parler, comme le font tous nos partenaires qui veulent travailler de bonne foi », écrivait le maire. 

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Cette lettre faisait suite à un premier communiqué de presse signé par le maire, le promoteur Junic et consigné par M. Blondin qui servait de réponse à la sortie de Mme Légaré qui se plaignait de la lenteur avec laquelle la Ville agissait dans le dossier de l’école 036. 

M. Blondin affirme aujourd’hui qu’il se dissocie totalement de ce communiqué de presse. 

« C’est du mépris de la part du maire, a lancé M. Blondin en entrevue avec Le Droit. Il a outrepassé ses pouvoirs. Il n’a pas à attaquer quelqu’un d’un autre niveau politique, c’est un manque de respect. Je regarde tout ce qui s’est récemment passé avec l’Ombudsman. Il a tout mis en place pour le démolir. Là, parce que le maire n’est pas d’accord avec Mme Légaré, il veut sa peau. C’est clair qu’il n’est pas satisfait d’elle et là, il cherche à lui nuire. »

M. Blondin confie avoir songé à démissionner de son poste de responsable des dossiers de l’éducation au conseil municipal. 

Il affirme en avoir discuté avec plusieurs commissaires scolaires qui l’ont, dit-il, convaincu de demeurer en poste. 

« Ils m’ont dit que j’étais utile pour eux et que je les représentais bien au conseil municipal, explique M. Blondin. Ils m’ont dit de ne pas les abandonner. C’est pour ça que je reste en poste. »

Huis clos

Comme Mme Boudrias, Jocelyn Blondin reproche constamment au maire son appétit pour le travail à huis clos. « Depuis un bout de temps, tout se fait à huis clos, condamne-t-il. Tout se fait cacher. Tout se fait par en arrière. Le maire doit cesser de vouloir tout contrôler. Je ne sais pas pourquoi, mais le maire Pedneaud-Jobin a peur que l’information sorte publiquement. On dirait que certains conseillers ont aussi peur que la population connaisse vraiment leur position dans les dossiers. Nous sommes des élus. Nous n’avons pas à avoir peur de nos opinions. »

Manque d’appui

À part M. Blondin et Mme Boudrias, les autres conseillers municipaux montent très rarement au front pour dénoncer les huis clos et le conseiller Blondin affirme mal s’expliquer l’absence d’appui de leur part. 

« Mon feeling c’est qu’il y a des affinités qui se sont développées entre les membres du parti Action Gatineau et certains élus indépendants, dit-il. Je ne les nommerai pas, ils vont se reconnaître. Le maire n’est pas fou. Il voit ça lui aussi. »