Le conseiller Maxime Tremblay

Le lâcher-prise de Maxime Tremblay

ANALYSE / Huit mois nous séparent encore de l'élection municipale à Gatineau, mais dans l'esprit du conseiller du Plateau, Maxime Tremblay, la joute politique est déjà terminée.
Son départ de la scène municipale est annoncé depuis plusieurs mois, mais le réel détachement du conseiller face à ce que réserve la prochaine élection est encore tout frais. 
Les récents événements entourant le désistement de Lawrence Cannon et la publication du bilan du changement de culture organisationnelle à la Ville, essentiellement le legs de la commission de révision des services et des dépenses qu'il préside, ont eu un effet presque libérateur pour lui. Seuls les enjeux de son quartier, ou presque, auront une réelle importance pour lui d'ici novembre. 
Le conseiller du Plateau n'en est pas à un accrochage près avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Les deux hommes siègent ensemble à la table du conseil depuis maintenant huit ans. Leurs styles complètement différents ont provoqué des flammèches.
Maxime Tremblay affirme n'avoir jamais cherché à jouer le rôle du principal opposant au maire, mais ses prises de position et ses critiques parfois acerbes envers les partis politiques au municipal en ont décidé autrement. Pendant une bonne partie du présent mandat, M. Tremblay était souvent le premier intervenant ciblé par les médias qui cherchaient à équilibrer leur travail avec un avis plus critique du travail du maire. Son influence sur les principaux opposants du maire au conseil était aussi bien perceptible. 
Cette attention des médias envers le conseiller du Plateau a beaucoup diminué depuis qu'il a annoncé son départ de la vie politique et que la conseillère Sylvie Goneau a annoncé qu'elle briguait la mairie en novembre. 
Maxime Tremblay souhaitait la défaite du maire en 2013. Si Lawrence Cannon avait répondu au chant des sirènes et avait décidé d'affronter le maire Pedneaud-Jobin en novembre, M. Tremblay avoue qu'il aurait été incapable de lui refuser un coup de main.
C'est l'absence de cette éventualité qui a sonné la fin de la partie pour M. Tremblay. Il n'entend pas se ranger derrière l'une ou l'autre des candidatures à la mairie et encore moins déployer des efforts pour aider un aspirant à déloger le maire sortant. Serein, il dit qu'il s'en remettra complètement au choix des électeurs.
Un adversaire profitable
Malgré leurs divergences d'opinions et les motivations partisanes qui les animaient, MM Pedneaud-Jobin et Tremblay ont trouvé le moyen de travailler ensemble au cours du mandat. Le maire a eu le pif politique de nommer M. Tremblay au comité exécutif et à la commission de révision des dépenses, et cela l'a finalement bien servi. 
M. Tremblay a joué un rôle qui n'est pas anodin dans le dossier Guertin. Parfois très critique en coulisses et plus pondéré en public, le conseiller a eu son mot à dire dans le projet tel qu'il est aujourd'hui connu de la population. Le bilan du changement de culture organisationnel à la Ville qui s'est fait sous l'égide de sa commission politique sera aussi l'un des grands succès de ce présent mandat. La firme Raymond Chabot Grant Thornton a récemment qualifié le virage de « magistral ».
Dans les deux cas, c'est probablement le maire Pedneaud-Jobin qui en retirera les points politiques lors de la prochaine élection, et dans les deux cas, il y aura un peu de son principal opposant là-dessous.