«Disons que sous mon leadership, Réal Béland ne devra pas compter sur la STO pour se tenir occupé», a affirmé le futur président de la STO en entrevue avec LeDroit.

Le futur président de la STO n'entend pas à rire

Le prochain président de la Société de transport de l'Outaouais (STO), Gilles Carpentier, désapprouve totalement la dépense de 18 000 $ que fera l'organisation pour permettre à ses employés d'assister, samedi, à un spectacle de l'humoriste Réal Béland.
Celui qui deviendra président de la STO le printemps prochain, lorsque le maire Maxime Pedneaud-Jobin lui cédera son siège, est mal à l'aise avec la façon dont le transporteur public souhaite reconnaître le travail de ses employés et surtout avec la dépense que cela engendre.
«Disons que sous mon leadership, Réal Béland ne devra pas compter sur la STO pour se tenir occupé», a-t-il affirmé en entrevue avec LeDroit.
M. Carpentier est d'avis que le contexte pour un tel événement est mal choisi. «Mais c'est aussi la nature même de l'événement qui me déplaît, a-t-il ajouté. Un spectacle d'humour, à mon avis, n'est pas très sage dans les circonstances. Rien n'est encore réglé avec le Rapibus, il y a encore beaucoup de tension. Ce n'est pas le bon moment pour ça.»
Gilles Carpentier affirme être un ardent défenseur des événements de reconnaissance pour les employés. C'est d'ailleurs lui qui était responsable du budget pour de tels événements lorsqu'il était sous-ministre adjoint au Conseil du Trésor. «Mais ça doit se faire dans la sobriété, dit-il. D'ailleurs, vous allez devoir chercher très, très longtemps avant de trouver une autre organisation publique faire une dépense comme celle que s'apprête à le faire la STO.»
Les employés de la STO ont trimé dur au cours des derniers mois, reconnaît M. Carpentier. «Ces gens-là ont travaillé très fort, ils ont vécu un stress énorme avec la mise en service du Rapibus et ça mérite d'être reconnu, dit-il. La direction aurait pu décider de recevoir ses employés, de donner des certificats de reconnaissance, de donner de bonnes tapes dans le dos, mais comme futur président de la STO je ne peux pas appuyer l'événement de samedi prochain.»
L'argent est toutefois déjà engagé et l'auditorium du Cégep de l'Outaouais est déjà réservé. «C'est une décision de la direction, approuvée par l'ancien conseil d'administration, précise M. Carpentier. Le conseil actuel n'est pas responsable de cette décision.»
Dépenser avec parcimonie
Depuis qu'il est en poste, Gilles Carpentier affirme percevoir quelque chose que le préoccupe grandement à la STO. «On dirait que cette organisation s'attend à ce que la quote-part de la ville augmente automatiquement chaque année et ça me préoccupe beaucoup, explique-t-il. La STO est financée à 70% par des fonds publics, dont 47% proviennent de la Ville de Gatineau. Nous devons nous assurer que ces fonds sont gérés et dépensés avec une très grande parcimonie.»
M. Carpentier rappelle que la STO aura à procéder à un «diagnostic organisationnel important» au cours des prochains mois. «Il devra y avoir une rationalisation des dépenses, sans nuire à la qualité des services, précise le conseiller. L'exercice sera calqué sur celui que fait la Ville et c'est évident que le programme de reconnaissance des employés de la STO fera partie de cette analyse.»